Un registre public pour dire oui, non ou sous conditions à l’IA

Le Human Consent Registry de RSL Media, lancé au Parlement européen avec Cate Blanchett, permet aux créateurs de réguler l'usage de leur identité par l'IA.

Le consentement devient un signal lisible par les systèmes IA avec le Human Consent Registry de RSL Media, lancé au Parlement européen avec Cate Blanchett et l’eurodéputée Eva Maydell. Le principe est volontairement simple : permettre à une personne, un artiste, un ayant droit ou un représentant autorisé de déclarer comment son identité peut être utilisée par l’IA. Trois statuts sont prévus : autorisé, autorisé sous conditions, ou interdit. L’identité couvre ici le nom, l’image, la ressemblance, la voix, les mouvements et d’autres attributs personnels reconnaissables. Les catégories “œuvres”, “personnages” et “marques” doivent suivre ensuite.

Concrètement, l’utilisateur vérifie son identité sur RSLMedia.org, déclare ses permissions, puis ces choix sont traduits en signaux exploitables par les plateformes et systèmes IA. L’idée n’est pas seulement de publier une opposition générale, mais d’indiquer aussi des chemins d’autorisation : crédit, paiement, limites d’usage ou demande de permission. Le registre peut être utilisé directement par des personnes non représentées, tandis que les artistes, sportifs ou créateurs accompagnés par un agent, une organisation de gestion ou une structure de licensing peuvent router les demandes via ces intermédiaires.

RSL Media s’appuie sur la logique du standard Really Simple Licensing, déjà pensé pour rendre les droits d’usage lisibles à grande échelle. La différence ici est importante : il ne s’agit plus seulement d’un contenu situé à une URL, mais d’un droit attaché à une identité, une œuvre, un personnage ou un signe distinctif, où qu’il apparaisse. Parmi les soutiens affichés figurent Creative Artists Agency, Emma Thompson, Helen Mirren, George Clooney, Javier Bardem, Kristen Stewart, Meryl Streep, Steven Soderbergh, Tom Hanks, Viola Davis et Music Artists Coalition. L’enjeu sera maintenant l’adoption par les plateformes IA : un registre de consentement ne devient réellement utile que si les acteurs qui entraînent, génèrent ou distribuent les contenus acceptent de le consulter et d’en tenir compte.