Un appel à projets cible les maladies rares avec des crédits d'API
Anthropic attribue 50 000 dollars de crédits d'API aux projets sur les maladies rares. Un levier pour unifier les données et rédiger les dossiers cliniques.
Anthropic ouvre un appel à candidatures consacré aux maladies génétiques rares, dans le cadre de son programme AI for Science. Les projets retenus recevront jusqu'à cinquante mille dollars de crédits sur six mois, répartis en deux volets, l'un pour la recherche fondamentale, l'autre pour les biotechs en phase précoce travaillant sur le développement clinique. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 2 août.
Le cadrage tient à une difficulté structurelle du domaine. Environ quatre cents millions de personnes vivent avec l'une des sept mille maladies rares recensées, mais ces populations dispersées compliquent la constitution de registres, l'identification de cibles thérapeutiques et la conception d'essais cliniques. Chaque maladie étant étudiée à travers ses particularités propres, variation génétique ou combinaison de symptômes, les mécanismes partagés entre pathologies passent inaperçus.
Le premier volet s'appuie sur la Monarch Initiative, un consortium international qui produit des ressources d'interopérabilité comme l'ontologie Mondo, laquelle réconcilie des définitions de maladies éparpillées entre OMIM, Orphanet, ICD et d'autres sources. Ses contributeurs assemblent une bibliothèque de classification mécanistique nommée DisMech, conçue pour être exploitable par des agents. Les travaux issus de ce volet seront rendus publics sur le site de la Monarch Initiative.
Le second volet vise la réduction des délais de développement, aujourd'hui d'un à deux ans entre un diagnostic génétique confirmé et un traitement accessible, une durée absorbée en partie par les files d'attente de fabrication certifiée, les études de sécurité menées les unes après les autres et l'assemblage manuel des milliers de pages de documentation réglementaire. Les pistes évoquées portent sur la rédaction et la relecture de dossiers réglementaires, la sélection de stratégies thérapeutiques et la recherche de mécanismes communs autorisant un essai groupé plutôt qu'un dossier par patient.
Anthropic précise les limites de la démarche : les modèles ne peuvent rien là où les données manquent ou restent trop mal organisées, et n'agissent pas sur les obstacles d'accès aux soins comme l'autorisation des assureurs ou la disponibilité des infrastructures diagnostiques.