Studio 2.0 muscle la production musicale, sur fond de contestation des téléchargements
Studio 2.0 ajoute MIDI, automation, plugins personnalisés et export multitrack, alors que la nouvelle politique de téléchargement de Suno suscite des critiques.
Studio 2.0 rapproche davantage l’environnement de Suno d’un DAW traditionnel tout en conservant la génération audio au sein du workflow. Le MIDI peut désormais être importé, enregistré et modifié directement dans la timeline, puis servir lui-même de prompt pour générer de nouveaux éléments audio. Un synthétiseur wavetable complète cette partie pour travailler les sons directement dans Studio.
Une chat bar, encore en bêta, ajoute une interface conversationnelle à la production. Elle peut générer des instruments ou des voix, intervenir dans l’organisation d’une session et aider à concevoir des plugins personnalisés. Studio intègre parallèlement des effets comme la compression sidechain et la convolution reverb, ainsi qu’un système d’automation permettant de faire varier les paramètres des pistes et des plugins dans le temps.
La séparation des stems progresse elle aussi. Des morceaux provenant de l’extérieur de Suno peuvent être importés puis décomposés pour être réarrangés dans la session. Pour les abonnés Premier, Studio 2.0 permet également d’exporter sans limite les stems et multitracks en 32 bits / 48 kHz afin de poursuivre la production dans un autre environnement.
Cette dernière possibilité prend une importance particulière dans le contexte actuel de la plateforme. Suno a confirmé qu’une nouvelle politique doit plafonner le nombre de morceaux téléchargeables chaque mois selon les formules payantes, tout en maintenant les téléchargements illimités dans Studio. Cette orientation avait déjà été annoncée dans le cadre de son partenariat avec Warner Music Group, l’entreprise expliquant vouloir limiter les usages de distribution massive.
Le changement est loin de passer inaperçu auprès d’une partie des utilisateurs. Plusieurs abonnés contestent le principe même de restreindre les téléchargements alors que leurs formules continuent de fournir plusieurs milliers de crédits de génération chaque mois. Les critiques portent notamment sur les usages qui nécessitent de récupérer régulièrement les fichiers, comme l’écoute hors ligne, le passage dans un autre DAW, le mixage ou simplement l’archivage personnel. Les avis publics récents autour de Suno témoignent plus largement d’une relation déjà tendue sur les abonnements, les crédits et le support client, même si ces avis ne permettent pas à eux seuls de mesurer l’ampleur précise de la contestation liée aux nouveaux téléchargements.
Le contraste est donc notable : les formules Pro et Premier reposent actuellement sur 2 500 et 10 000 crédits mensuels respectivement, tandis que Suno prépare en parallèle un plafonnement distinct des fichiers récupérables depuis son service principal. Studio devient de fait un espace particulier dans cette nouvelle organisation, puisque Suno a explicitement indiqué que sa fonction de téléchargement illimité devait y être conservée.
Studio 2.0 marque ainsi une évolution vers des méthodes de production plus proches de celles utilisées dans les logiciels musicaux classiques : jeu MIDI, automation, effets, stems, travail manuel et génération peuvent désormais cohabiter dans une même session. Mais cette extension des capacités professionnelles arrive au moment où Suno redéfinit plus largement les conditions dans lesquelles ses utilisateurs peuvent récupérer et exploiter les morceaux générés.