SPACE enferme chaque agent de Perplexity dans sa propre machine virtuelle

L'infrastructure SPACE de Perplexity isole chaque session d'agent dans une machine virtuelle. Une barrière matérielle qui protège les données clients.

Perplexity s'est doté d'une nouvelle couche d'infrastructure pour faire tourner ses agents, baptisée SPACE (Sandboxed Platform for Agentic Code Execution). Sa raison d'être : un sandbox où un agent peut exécuter du code, modifier des fichiers et enchaîner des tâches pendant des heures ou des jours, sans exposer le reste du système s'il venait à être compromis.

Les sandbox à base de conteneurs, pensés pour des tâches courtes et sans état, partagent un même kernel qui devient un point de défaillance unique. SPACE prend le contre-pied : chaque session vit dans sa propre machine virtuelle, kernel isolé derrière une frontière matérielle. Un workload hostile qui percerait ce kernel invité reste confiné à sa VM, sans contaminer les voisins. Il faut franchir deux barrières, l'isolation VM et celle des processus de l'hôte, pour qu'un sandbox en atteigne un autre.

Les secrets, eux, ne transitent jamais par le sandbox : un magasin dédié vit à l'extérieur et les injecte au niveau réseau ou via un agent navigateur, pendant qu'une passerelle unique filtre tout le trafic sortant. Pour les données stockées, l'entreprise propose le BYOK (Bring Your Own Key), où la clé reste chez le client et sa révocation rend les données illisibles.

Perplexity a fait tourner SPACE aux côtés de son ancien système, sur le même trafic de production. La latence médiane de création tombe de 185 à 60 millisecondes, et le 90ᵉ percentile de 447 à 89 millisecondes, soit un démarrage trois à cinq fois plus rapide, porté par le système de fichiers btrfs et un warm pool de sandbox préchargés. La couche encaisse désormais la totalité des sessions de Perplexity Computer, avec des millions de créations et des dizaines de millions de reconnexions sur la seule semaine écoulée.