Runway affirme avec Project Luxo que la vidéo IA a franchi la vallée de l'étrange
Runway affirme avec Project Luxo que la vidéo par IA a franchi la vallée de l'étrange, ses modèles générant désormais des films à forte résonance émotionnelle.
Runway publie Project Luxo, une note dans laquelle l'entreprise estime que la vidéo générée par IA a franchi la vallée de l'étrange, ce seuil où une image de synthèse devient assez réaliste pour que ses défauts deviennent dérangeants. L'argument : les artefacts qui trahissaient jusqu'ici ces productions, regards fixes, visages instables, synchronisation labiale approximative, se font assez rares pour que le spectateur reste dans l'histoire plutôt que de guetter l'erreur.
Pour étayer sa thèse, Runway a soumis trois courts métrages entièrement générés et une publicité fictive à un panel issu du secteur audiovisuel, producteurs, acteurs, studios, presse et représentants syndicaux. Les retours portaient sur la résonance émotionnelle, l'accroche, l'attachement aux personnages et la solidité du récit. Selon l'entreprise, le verdict est unanime : les films tiennent.
Chaque court a été réalisé par une seule personne, en quelques heures à quelques semaines. The Rogue, signé Felipe Orozco, a demandé moins d'un mois. Runway convoque aussi Luxo Jr., le court de Pixar présenté au SIGGRAPH en 1986, qui avait fait basculer le regard de l'industrie sur l'animation par ordinateur, et parle d'un « Luxo Moment » pour l'IA.
L'entreprise cite enfin sa publicité pour une marque de montre fictive, créditée de plus de 100 millions de vues sur Instagram en 48 heures et souvent repartagée sans mention de l'IA. Runway reconnaît malgré tout que plusieurs questions restent ouvertes, du contrôle et de la cohérence aux droits, au consentement et à la transparence.