Remote Control garde les agents de Kimi Work à portée de main
Remote Control donne accès aux tâches de Kimi Work depuis un téléphone, tandis que leur exécution et l’accès aux fichiers restent assurés par l’ordinateur.
Un rapport est encore en cours de rédaction, plusieurs agents traitent des documents et une autorisation bloque l’étape suivante. Il n’est désormais plus nécessaire de rester devant l’ordinateur pour vérifier leur progression. Remote Control ouvre les sessions de Kimi Work sur un téléphone et donne à l’utilisateur un moyen de reprendre la main à distance.
La fonction annoncée par Moonshot AI ne déplace pas le travail vers le téléphone. Kimi Work continue de fonctionner sur l’ordinateur où la tâche a commencé. Le mobile sert d’interface distante pour suivre la session, transmettre de nouvelles instructions et intervenir lorsqu’une décision est nécessaire.
Cette architecture distingue Remote Control d’un agent entièrement hébergé dans le cloud. Les fichiers restent lus et modifiés sur la machine d’origine, les commandes y sont exécutées et les outils locaux continuent d’y fonctionner. L’ordinateur doit donc rester allumé, connecté à Internet et suffisamment éveillé pour maintenir la session.
Fermer Kimi Work, éteindre la machine ou la laisser passer en veille coupe cette continuité. Le téléphone ne prend pas le relais et ne récupère pas une copie autonome de l’environnement. La promesse de travailler « anywhere, anytime » reste conditionnée par la disponibilité de l’ordinateur laissé sur place.
Kimi Work est la déclinaison bureautique de l’agent local développé par Moonshot AI. Disponible sur macOS et Windows, il accède aux dossiers autorisés, organise des fichiers, analyse des données, produit des documents, des feuilles de calcul ou des présentations, utilise un navigateur et exécute du code en arrière-plan.
L’application peut aussi répartir une mission entre plusieurs sous-agents. Moonshot annonce jusqu’à 300 intervenants logiciels pour les tâches les plus complexes, avec des travaux susceptibles de durer plusieurs heures. Plus une exécution s’allonge, plus la possibilité de la surveiller sans rester devant l’écran devient utile.
Remote Control répond surtout à cette attente. Un utilisateur peut lancer une analyse depuis son bureau, partir en déplacement, puis consulter son avancement depuis son téléphone. Il peut corriger une instruction, apporter une précision ou répondre à une demande de confirmation avant que l’agent poursuive son travail.
L’intérêt ne se limite pas à observer un indicateur de progression. Un contrôle distant prend tout son sens lorsqu’une opération sensible attend une validation. Kimi Work dispose de trois niveaux d’autorisation qui déterminent la liberté accordée à l’agent.
Le mode `Default` exécute les opérations ordinaires, mais réclame un accord avant certaines actions comme la modification ou l’écrasement de fichiers et l’exécution de code. `Manual approval` demande une validation avant d’agir. `Fully automatic` laisse l’agent avancer sans confirmation systématique.
Le téléphone peut éviter qu’une tâche reste bloquée pendant plusieurs heures dans les deux premiers modes. Cette intervention à distance conserve une supervision humaine sans obliger à choisir le réglage le plus permissif uniquement pour laisser l’agent travailler en l’absence de son propriétaire.
L’enjeu est réel, car Kimi Work ne se limite pas à produire du texte dans une conversation. Il peut écrire dans des dossiers locaux, lancer des commandes, utiliser des plugins et agir dans un navigateur. Une mauvaise instruction peut alors avoir des conséquences plus importantes qu’une réponse erronée dans une interface de chat.
Moonshot avertit que le mode entièrement automatique peut écraser ou supprimer des fichiers, modifier une configuration et, dans des cas extrêmes, rendre un système instable. Remote Control ne supprime pas ces risques. Il fournit simplement un autre point depuis lequel surveiller ou interrompre l’exécution.
L’annonce reste brève et ne détaille pas toutes les commandes disponibles dans l’interface mobile de Kimi Work. Moonshot avait cependant introduit une fonction très proche dans Kimi Code CLI à la fin du mois d’août. Sa documentation donne une indication sur la logique technique retenue, sans garantir que chaque réglage soit identique dans l’application Work.
Dans Kimi Code, la machine génère une adresse distante et un QR code. L’utilisateur ouvre ensuite la page sur son téléphone ou un autre ordinateur, se connecte avec le même compte Kimi et sélectionne la machine concernée. L’accès passe par un relais de Moonshot plutôt que par une ouverture directe de l’ordinateur sur le réseau local.
Cette interface distante sert à envoyer de nouvelles tâches, suivre les outils appelés, continuer une conversation, accepter ou refuser des opérations, interrompre une exécution et consulter l’activité des sous-agents. Les calculs et les modifications restent effectués par la machine d’origine.
Le principe annoncé pour Kimi Work suit la même séparation : l’ordinateur travaille, le téléphone pilote. Il ne faut donc pas le confondre avec une application de bureau à distance capable d’afficher l’ensemble du système, d’ouvrir librement chaque dossier ou de manipuler n’importe quel logiciel installé.
Remote Control expose les fonctions de Kimi Work, pas l’intégralité du bureau Windows ou macOS. Cette limitation réduit le périmètre de l’accès, mais l’agent conserve les droits déjà accordés dans sa session locale. Si Kimi Work peut modifier un dossier ou commander un navigateur, une instruction envoyée depuis le téléphone peut déclencher ces mêmes opérations.
L’authentification devient alors un point central. Dans le dispositif documenté pour Kimi Code, le téléphone doit utiliser le même compte que la machine. Moonshot précise que l’adresse ne contient ni données de session ni jeton local et qu’une personne non connectée au compte ne peut pas consulter les tâches.
L’entreprise recommande malgré tout de ne pas partager cette adresse. Elle constitue un point d’entrée vers une machine capable d’accéder à des fichiers et d’exécuter des commandes. Un compte mal protégé ou une session laissée ouverte sur un téléphone tiers