Quand une IA propose de lever le pied sur son utilisation

Anthropic ajoute à Claude une fonction, en bêta, pour faire le point sur son propre usage de l'assistant. Baptisée Reflect et logée dans les réglages, sur le web et l'application de bureau, elle part d'une question revenue dans les entretiens menés par l'entreprise avec ses utilisateurs : à quelle fréquence recourir à l'IA, et pour quelles tâches.

Le tableau de bord résume l'activité des un, trois, six ou douze derniers mois : sujets abordés, moments où l'assistant est le plus sollicité, types de tâches traitées, une vue du temps passé étant annoncée pour plus tard. Il fait aussi remonter des questions de recul, du type « qu'aimeriez-vous continuer à faire vous-même, même si Claude pouvait le faire plus vite ? », et permet d'en discuter. Deux réglages complètent l'ensemble : des heures calmes et un rappel de pause après un certain temps d'utilisation, l'un et l'autre présentés comme de simples aide-mémoire que l'on peut écarter.

La fonction s'adosse à un cadre maison, l'AI Fluency Framework, articulé autour de la délégation, de la description des objectifs, du discernement sur les réponses et de la responsabilité dans l'usage, avec pour chaque axe des exemples tirés de la façon dont la personne travaille avec l'assistant.

Sur la confidentialité, l'entreprise précise que le bilan ignore les conversations en navigation privée et ne puise pas dans les fichiers des outils connectés : le résumé d'une boîte mail peut y figurer, pas les courriels d'origine, et toute conversation liée à un outil de santé en est exclue, les sujets sensibles n'apparaissant qu'à un niveau général. Anthropic indique avoir travaillé avec des spécialistes du bien-être numérique du MIT Media Lab, du Digital Wellness Lab de l'hôpital pour enfants de Boston et du Family Online Safety Institute. La fonction est ouverte aux offres gratuite, Pro et Max, à condition d'avoir activé la mémoire, l'extension aux conversations Cowork étant prévue.