Perplexity publie SPACE en open source, l'infrastructure qui isole les agents de Computer

Perplexity publie SPACE en open source, son infrastructure d'exécution isolée pour les agents IA, avec contrôles réseau, protection des accès et reprise des sessions.

Un agent IA capable d'exécuter du code, de consulter des fichiers et d'interagir avec des services externes peut aussi tenter d'accéder à des ressources qui ne lui sont pas autorisées. Pour encadrer ces opérations, Perplexity publie SPACE en open source, l'infrastructure utilisée par son assistant autonome Computer. Déployée en interne depuis juillet 2026, la plateforme repose sur des machines virtuelles isolées, des contrôles réseau et des mécanismes de sauvegarde permettant aux agents de travailler sur de longues sessions sans disposer d'un accès direct au système qui les héberge. Une infrastructure développée pour Perplexity Computer

Depuis le lancement de Computer en février 2026, Perplexity développe un environnement permettant à ses agents de réaliser des opérations sur des fichiers, d'exécuter des programmes et de reprendre des tâches interrompues.

Ces capacités nécessitent des espaces de travail indépendants. Un agent chargé d'analyser des données, de générer un rapport ou de modifier un document doit pouvoir utiliser des outils sans compromettre les autres sessions ni l'infrastructure du fournisseur.

Perplexity utilisait initialement une solution commerciale pour créer ces environnements isolés. En juillet, l'entreprise l'a remplacée par une infrastructure développée en interne : SPACE, pour Sandboxed Platform for Agentic Code Execution.

Depuis cette migration, SPACE prend en charge l'ensemble des sessions de Computer. La plateforme gère notamment l'exécution de code, les interruptions, la reprise des travaux et la création de plusieurs branches à partir d'un même environnement.

Sa publication permet désormais à d'autres développeurs d'examiner et de réutiliser cette infrastructure, plutôt que de reconstruire leurs propres mécanismes d'isolation et de gestion des sessions. Une machine virtuelle distincte pour chaque agent

SPACE utilise des machines virtuelles légères reposant sur Firecracker, une technologie de virtualisation initialement développée par AWS.

Chaque environnement dispose de son propre système d'exploitation, séparé de celui de la machine hôte. Un agent peut y créer des fichiers, installer des outils et exécuter des commandes sans bénéficier automatiquement des autorisations du serveur sur lequel il fonctionne.

Une couche centrale de gestion coordonne la création, la suspension, la reprise et la suppression de ces environnements.

Cette séparation vise notamment à contenir les conséquences d'une commande dangereuse, d'un programme malveillant ou d'une action imprévue de l'agent.

L'intérêt de ce fonctionnement tient au fait que les restrictions ne dépendent pas uniquement des instructions données au modèle d'IA. Même lorsqu'un agent tente une opération interdite, l'environnement technique doit empêcher son exécution au-delà des autorisations définies. Les identifiants restent à l'extérieur de l'environnement de travail

La gestion des accès constitue un autre élément central de SPACE.

Pour effectuer certaines tâches, un agent peut avoir besoin de se connecter à des services externes, de consulter des données ou d'utiliser des applications professionnelles. Ces interactions nécessitent parfois des clés API, des jetons d'authentification ou d'autres informations sensibles.

SPACE conserve les identifiants gérés par la plateforme en dehors de l'environnement dans lequel l'agent exécute son code.

Les communications passent par des mécanismes de contrôle qui vérifient les destinations autorisées et les droits associés.

L'environnement de travail est ainsi considéré comme potentiellement non fiable, même lorsqu'il exécute une tâche légitime.

Cette architecture permet de limiter l'exposition des identifiants si un agent produit du code dangereux ou si un contenu externe tente de détourner son comportement. Suspendre une tâche et retrouver son environnement

SPACE ne se limite pas à isoler les programmes. La plateforme est également conçue pour conserver leur état pendant des tâches prolongées.

Un agent peut être interrompu pour attendre une validation humaine, une information supplémentaire ou une nouvelle instruction, puis reprendre son travail avec les fichiers et le contexte d'exécution déjà présents.

Le système utilise des instantanés de fichiers et des points de sauvegarde de l'environnement complet.

Plutôt que de recopier systématiquement toutes les données, SPACE conserve les modifications intervenues depuis les états précédents. Cette méthode réduit les opérations nécessaires à la sauvegarde et à la restauration.

La plateforme permet également de créer plusieurs branches d'une session. Un agent peut, par exemple, expérimenter deux méthodes de traitement d'un fichier dans des environnements séparés, puis revenir à un état antérieur si une opération échoue.

Ces fonctions concernent particulièrement les agents chargés de tâches nécessitant plusieurs phases d'exécution, des vérifications et des interventions humaines. Des millions d'environnements créés chaque jour

Perplexity indique que SPACE prend en charge plusieurs millions de créations d'environnements isolés par jour depuis son déploiement.

L'entreprise annonce également un gain de vitesse compris entre trois et cinq fois pour la création de ces environnements, par rapport à son ancien fournisseur commercial.

La comparaison a été réalisée sur le même trafic de production, selon Perplexity.

Ces résultats concernent la création des environnements de travail, et non la vitesse de raisonnement des modèles ou le temps nécessaire pour terminer une tâche complète.

Le passage à SPACE permet à l'entreprise de gérer directement son infrastructure d'exécution, notamment les opérations de sauvegarde, la reprise des sessions et l'application des restrictions de sécurité. 108 tentatives d'évasion, aucune sortie de la machine virtuelle

La sécurité de SPACE a également fait l'objet de tests offensifs destinés à examiner le comportement d'agents cherchant délibérément à contourner leurs restrictions.

Dans une première campagne de 108 tentatives d'évasion,