NVIDIA entre au capital de Gradium, la voix IA née de Kyutai
Gradium, jeune société d'IA vocale issue du laboratoire parisien Kyutai, accueille NVIDIA à son capital et porte son financement cumulé au-delà de cent millions de dollars, sept mois après son lancement.
La précision compte : il ne s'agit pas d'un nouveau tour de cent millions, mais d'une extension de l'amorçage. Après un premier tour de soixante-dix millions de dollars fin 2025, mené par FirstMark et Eurazeo avec Xavier Niel, Rodolphe Saadé et Eric Schmidt parmi les soutiens, la rallonge portée notamment par NVIDIA avoisine trente millions de dollars, la société ne communiquant ni le montant exact ni sa valorisation. Ces fonds doivent financer la recherche, le produit, l'expansion internationale et l'ouverture d'un bureau dans la baie de San Francisco.
Fondée par Neil Zeghidour, Laurent Mazaré, Olivier Teboul et Alexandre Défossez, chercheurs issus de Kyutai, Gradium construit l'infrastructure des applications vocales en temps réel : synthèse vocale (text-to-speech), reconnaissance (speech-to-text) et intelligence conversationnelle à faible latence. Ces derniers mois, elle a aligné plusieurs sorties, dont une nouvelle génération de son modèle phare de synthèse vocale, une détection sémantique de fin de tour de parole (comprendre quand l'utilisateur a terminé sa pensée plutôt que constater un simple silence), un modèle de traduction voix-à-voix, Gradium Translate, un modèle embarqué pour appareils en périphérie, Phonon, et un framework open source pour agents vocaux, GradBot.
Son CEO, Neil Zeghidour, met en avant un rythme de publication soutenu, présenté comme un modèle par mois là où les cycles concurrents s'étalent souvent sur six à douze mois. Kyutai, dont Gradium est l'émanation commerciale, est un laboratoire à but non lucratif lancé à Paris en 2023 avec trois cents millions d'euros également apportés par Niel, Saadé et Schmidt.