Muse agit dans vos applications sous la surveillance d’un second agent
Meta lance Muse aux États-Unis, un agent personnel qui navigue, envoie des e-mails et paie, avec une machine virtuelle dédiée et des validations humaines.
Fermer l’application ne met pas nécessairement fin à la tâche. Muse peut continuer à surveiller un site, organiser un voyage ou préparer une vente, puis revenir vers l’utilisateur lorsqu’une information change ou qu’une autorisation devient nécessaire. Avec ce nouvel agent personnel, Meta veut passer de l’assistant qui répond à celui qui agit.
Muse est déployé aux États-Unis sur iOS, Android et le Web. Il est aussi possible de lui écrire directement dans WhatsApp. Le service est réservé aux personnes d’au moins 18 ans et doit rejoindre ultérieurement les lunettes connectées de Meta, sans calendrier plus précis.
Une version de base est gratuite. Meta mentionne des abonnements pour les usages plus intensifs sans afficher leurs prix dans son billet de lancement. Un porte-parole a indiqué à Reuters deux formules à 20 et 100 dollars par mois. Les volumes de calcul, les limites de tâches et les différences exactes entre ces offres ne sont pas encore détaillés publiquement.
Muse ne se contente pas de rédiger un message ou de proposer une liste d’étapes. L’utilisateur lui confie un objectif, puis l’agent cherche les informations nécessaires, utilise les services autorisés et poursuit le travail. Meta cite l’envoi d’un e-mail, la réservation d’un voyage, la négociation d’une facture, la vente d’une voiture ou l’adaptation d’un programme d’entraînement.
Le produit peut aussi prendre en charge des objectifs plus longs. Il élabore un plan, suit son avancement et répartit le travail dans le temps. Une section dédiée affiche les projets en cours, les prochaines actions et les éléments qui attendent une réponse. Plusieurs demandes peuvent avancer simultanément sans imposer une succession rigide de questions et de réponses.
Cette continuité dépend d’une mémoire persistante. Muse enregistre les préférences, les objectifs, les tâches planifiées et certains renseignements tirés des conversations ou des services connectés. Il peut, par exemple, retrouver une recette enregistrée sur Instagram, préparer une liste de courses et tenir compte d’une restriction alimentaire mentionnée plusieurs semaines auparavant.
L’agent est également proactif. Il peut envoyer un message sans nouvelle demande lorsqu’il détecte une échéance, une modification de calendrier ou une occasion liée à un objectif. L’intensité de ces interventions peut être réduite, augmentée ou désactivée. Meta affirme avoir cherché à éviter les notifications inutiles, mais ce tri reste confié au système lui-même.
Le navigateur constitue une pièce centrale du dispositif. Muse peut ouvrir des pages, effectuer des recherches, remplir des formulaires, comparer des offres et terminer une transaction. L’utilisateur voit ce qu’il fait et peut reprendre directement le contrôle du navigateur. Lorsque cette reprise manuelle intervient, l’agent est suspendu afin qu’il ne puisse pas agir en même temps.
Muse possède aussi un système de fichiers et un terminal. Il peut écrire du code, créer un outil pour une tâche particulière et fabriquer ses propres connecteurs lorsqu’un service fournit une API ou une interface en ligne de commande. Il produit également des documents, des PDF, des tableaux de suivi, des pages web et des interfaces interactives que Meta appelle « Artifacts ».
Ces possibilités ne signifient pas que le modèle modifie librement ses propres paramètres. La documentation évoque la création de code, d’outils et de compétences dans l’environnement personnel de l’utilisateur. Elle ne décrit pas un réentraînement autonome du modèle de fondation.
Le produit utilise Muse Spark, la famille de modèles conçue par Meta pour les travaux agentiques. Le lien fourni lors du lancement renvoie vers Muse Spark 1.3, publié six jours plus tôt. Meta dit l’avoir entraîné à maintenir des tâches longues, coordonner plusieurs flux de travail, utiliser des outils, demander de l’aide lorsqu’il rencontre un obstacle et mieux reconnaître les actions difficiles à annuler.
La société compare Muse Spark 1.3 à plusieurs modèles concurrents sur des évaluations de travail professionnel, d’utilisation d’un ordinateur, de recherche web, de programmation et de contexte long. Sa note méthodologique précise que certaines valeurs viennent de Meta, d’autres de classements officiels ou des fournisseurs concurrents. Les outils, les interfaces d’exécution et les réglages ne sont donc pas toujours identiques.
L’autonomie de Muse ne vient pas uniquement du modèle. Chaque utilisateur reçoit une machine virtuelle Linux distincte dans le cloud, baptisée Muse Secure VM. Elle contient le navigateur, l’espace de travail, les fichiers et les services nécessaires à l’exécution des tâches. Cette machine reste active lorsque le téléphone ou l’application ne le sont plus.
La description technique de Meta sépare l’environnement où travaille l’agent des composants chargés de protéger les données. Muse fonctionne dans un conteneur dont les droits système et l’accès au réseau sont restreints. Les informations plus sensibles, dont les identifiants des services connectés, sont conservées en dehors de cet espace d’exécution.
Les jetons OAuth, mots de passe et moyens de paiement ne sont pas directement montrés au modèle. Lorsqu’une action nécessite une authentification, Muse manipule un identifiant de remplacement. Le véritable secret n’est inséré qu’au moment où la requête autorisée quitte la machine. Cette séparation réduit le risque qu’une page web ou un document malveillant pousse l’agent à révéler un mot de passe.
L’accès aux e-mails reçoit des protections supplémentaires. Meta affirme filtrer les codes à usage unique, les liens de réinitialisation de mot de passe et les liens de connexion automatique. Sans ce filtrage, un agent autorisé à lire une boîte de réception pourrait théoriquement utiliser celle-ci pour prendre le contrôle d’autres comptes.
Un second agent, Sentinel, contrôle les interactions avec les services connectés et les sorties vers Internet. Muse propose une action, mais Sentinel décide de l’autoriser, de la