Midjourney bifurque vers l'imagerie médicale, scanner et spa à l'appui

Midjourney lance sa division santé Midjourney Medical et l'Ultrasonic CT, un scanner 3D par ultrasons prévu pour fin 2027 dans ses futurs spas de bien-être.

Voilà une direction que personne n'attendait du spécialiste de l'image générée. Midjourney monte une division santé, Midjourney Medical, bâtie autour d'une imagerie qu'elle baptise « Ultrasonic CT », ou échographie corps entier. La promesse maison tient en peu de mots : ni radiation ni champ magnétique, juste du son, de l'eau et une soixantaine de secondes, pour obtenir une cartographie 3D du corps que l'entreprise dit proche des images d'IRM actuelles.

Le déroulé évoque davantage un soin qu'un examen. On s'allonge sur une plateforme qui descend lentement dans un bassin d'eau tiède, à quelques centimètres par seconde, et l'on traverse un anneau de capteurs miniatures, chacun jouant tour à tour le haut-parleur et le microphone. Selon Midjourney, près d'un demi-million de ces éléments émettent des ultrasons et enregistrent leurs échos des millions de fois par seconde, produisant des téraoctets de données ; un cluster de calcul reconstitue alors, à partir de la déformation des ondes, ce qui se trouve à l'intérieur. L'entreprise revendique une qualité par endroits supérieure à l'IRM et une vitesse de l'ordre de cent fois plus grande, sur un appareil qui s'appuie en réalité sur une technologie d'ultrasons sur puce concédée sous licence par Butterfly Network.

Cette machine ne vivrait pas dans un hôpital mais dans un lieu de détente, le « Midjourney Spa ». Le premier ouvrirait à San Francisco fin 2027, avec hammams, saunas, bains froids et une dizaine de scanners logés dans des bassins de lumière dorée. L'idée affichée est d'en faire un endroit où l'on vient pour soi, le scan n'étant qu'un à-côté de la visite, dont on ressort avec une réserve de données sur sa santé.

La feuille de route reste celle d'une ambition naissante, pas d'un produit. Midjourney compte passer un an à affiner matériel et algorithmes, monter des générations de scanners successives, et viser à terme une flotte de 50 000 appareils pour un milliard d'examens par mois d'ici 2031. Faute d'agrément, elle commencerait par de simples cartes de composition corporelle, sans visée diagnostique, en soumettant ses résultats à la FDA pour étendre peu à peu les usages. L'entreprise, qui se dit sans investisseurs et financée par sa communauté, va jusqu'à avancer, au conditionnel, qu'une imagerie précoce généralisée pourrait éviter à l'avenir 30 % des décès et la moitié des coûts de santé, projection spéculative qui n'engage qu'elle.