Les serveurs MCP n'ont plus rien à mémoriser

Le standard MCP supprime la mémoire des sessions. Ce que ce changement de structure implique pour l'intégration des assistants IA en entreprise.

MCP est le standard qui permet à un assistant IA de se brancher sur des outils et des données extérieurs, d'un espace Figma à une base interne. Sa cinquième révision en modifie le principe même. Jusqu'ici, le serveur qui expose un outil devait garder une ligne ouverte avec l'assistant pendant tout l'échange et se souvenir d'où l'on en était. Désormais, chaque requête se suffit à elle-même : une question, une réponse, rien à retenir entre les deux.

Le bénéfice se joue d'abord sur l'hébergement. Un serveur qui n'a rien à mémoriser n'a plus besoin de rester allumé en permanence, et peut tourner sur les infrastructures qui se réveillent à la demande, ce qu'on appelle le serverless. Cela coûte moins cher, encaisse mieux les montées en charge, et supprime les bricolages que les développeurs mettaient en place pour tenir ces sessions ouvertes.

La révision range également les ajouts au protocole dans un cadre à part, doté de ses propres versions. Deux d'entre eux y entrent officiellement : MCP Apps, qui permet à un outil connecté d'afficher une petite interface directement dans la conversation plutôt qu'une simple réponse écrite, et Tasks, pour les traitements qui demandent du temps. Ce qui compte tient moins à ces deux fonctions qu'à la méthode, puisqu'enrichir le protocole ne suppose plus d'en retoucher la base.

L'identification change aussi. Un serveur MCP peut maintenant s'appuyer sur le système de connexion dont l'entreprise dispose déjà, Entra ou Okta par exemple, au lieu d'exiger un montage sur mesure. Ces trois changements valent pour tout l'écosystème, le protocole servant de branchement commun bien au-delà des produits de son éditeur, des plugins de Codex au moteur de jeu d'Epic.

Côté Claude, la prise en charge se déploie progressivement. L'annuaire de connecteurs y recense plus de neuf cent cinquante serveurs, contre un peu plus de trois cents il y a quelques mois. S'y ajoute une research preview, les MCP tunnels, qui donnent à Claude accès à des outils installés sur le réseau interne d'une entreprise sans avoir à les rendre visibles depuis internet. Anthropic revendique par ailleurs quatre cents millions de téléchargements mensuels de ses SDK, un volume qu'elle dit quadruplé sur l'année.