Les anciens de Slack lancent Scuba, pour mettre fin aux agents IA qui ignorent tout de votre entreprise
Scuba sort de l'ombre avec 34 millions de dollars levés pour développer une mémoire partagée entre collaborateurs et agents IA, compatible avec ChatGPT et Claude.
Les agents IA savent produire du code, analyser des documents ou préparer des présentations, mais connaissent rarement les décisions, les préférences et les discussions qui façonnent réellement le travail d'une équipe. Scuba veut combler ce manque avec une mémoire collective accessible aussi bien aux collaborateurs qu'à leurs assistants. La jeune entreprise sort de sa phase de développement confidentielle avec 34 millions de dollars levés et une ambition : permettre aux systèmes d'IA de travailler à partir de ce que l'entreprise sait déjà, plutôt que de repartir de zéro à chaque demande. Le contexte, nouveau problème des agents IA
Pour Noah Desai Weiss et Dolapo Falola, les deux cofondateurs, la difficulté ne réside plus uniquement dans les capacités des modèles. Elle tient aussi aux informations dont ils disposent pour accomplir une tâche.
Dans une entreprise, les connaissances sont dispersées entre les conversations Slack, les documents de travail, les réunions, les captures d'écran et les échanges informels. Une décision peut être prise dans une discussion, puis devenir introuvable quelques semaines plus tard. Les agents IA rencontrent la même difficulté : sans accès à cet historique, leurs réponses peuvent ignorer des contraintes ou des choix déjà établis.
Scuba propose donc de constituer une mémoire partagée qui conserve non seulement les informations, mais aussi le contexte dans lequel elles ont été produites. Une mémoire qui s'organise sans intervention manuelle
Le fonctionnement repose sur les Captures, qui permettent d'enregistrer des articles, des documents PDF, des vidéos, des messages, des images ou des notes vocales. L'application prend notamment en charge des enregistrements audio pouvant atteindre 90 minutes, accompagnés d'une transcription.
Ces éléments sont analysés et regroupés automatiquement dans des Collections, organisées par projet, client ou thématique. Les collaborateurs peuvent les partager pour retrouver les informations importantes sans entretenir manuellement une documentation interne.
Scuba propose également une recherche en langage naturel, des synthèses personnalisées et des briefings quotidiens capables de signaler des évolutions, des tendances ou des contradictions entre plusieurs informations.
L'objectif est de conserver une connaissance actualisée au fil du travail, plutôt qu'une accumulation de documents rapidement dépassés. ChatGPT, Claude et Cursor peuvent exploiter cette mémoire
Scuba ne cherche pas à remplacer les assistants IA déjà utilisés dans les entreprises. Grâce au Model Context Protocol (MCP), la plateforme peut mettre ses Captures à disposition d'outils comme Claude, ChatGPT et Cursor.
Un agent de programmation peut ainsi consulter les décisions techniques prises précédemment, tandis qu'un assistant chargé de préparer une proposition commerciale peut retrouver les préférences d'un client ou les conclusions de réunions antérieures.
Une intégration avec Slack permet également de solliciter @Scuba pour retrouver une information ou conserver une discussion directement dans un canal.
Chaque réponse générée dans Scuba s'appuie sur les informations enregistrées, avec des références interactives permettant de retrouver leur origine. La plateforme peut aussi effectuer des recherches sur le web lorsque des données plus récentes sont nécessaires. 34 millions de dollars et des fondateurs issus de Slack
Derrière Scuba figurent Noah Desai Weiss, ancien Chief Product Officer de Slack, et Dolapo Falola, précédemment responsable de l'ingénierie chez The Browser Company. Tous deux ont également travaillé chez Google et Foursquare.
L'entreprise annonce avoir réuni 34 millions de dollars à travers deux tours de financement. Accel a dirigé le préamorçage avant de codiriger le tour de seed avec IVP, aux côtés de BoxGroup, Conviction, Homebrew et Scribble Ventures.
Plusieurs entrepreneurs participent également au financement à titre individuel, dont des fondateurs de Slack, Instagram, Stripe, LinkedIn, Salesforce et Dropbox.
Scuba affirme avoir expérimenté son produit auprès de centaines d'utilisateurs pendant six mois de bêta privée. Son équipe de dix personnes explique notamment utiliser cette mémoire commune pour coordonner ses projets avec moins de deux heures de réunions hebdomadaires. Ces résultats relèvent toutefois de son propre retour d'expérience. Une bêta limitée pour un enjeu plus large
Les inscriptions à la bêta de Scuba sont ouvertes, mais les équipes sont intégrées progressivement. L'entreprise n'a pas encore communiqué de grille tarifaire publique ni de calendrier de disponibilité générale.
Reste aussi la question de la confidentialité : centraliser des discussions, des documents internes et des décisions stratégiques pour les rendre accessibles à plusieurs agents suppose une gestion précise des autorisations et des données sensibles.
Scuba s'inscrit dans une évolution des usages professionnels de l'IA. À mesure que les modèles deviennent capables d'exécuter davantage de tâches, la qualité du contexte qu'ils reçoivent devient aussi importante que leurs capacités propres. L'enjeu n'est plus seulement de produire une réponse pertinente, mais de produire celle qui correspond réellement à l'histoire, aux contraintes et aux choix d'une équipe.