Le vibe coding devient multijoueur avec Play with Putty

Google Labs teste Play with Putty, un espace de vibe coding où plusieurs personnes créent et modifient ensemble une interface en temps réel.

Créer une application à partir d’une consigne en langage naturel reste généralement une activité solitaire. Une personne décrit son idée, observe le résultat, demande des corrections puis partage éventuellement le projet avec son équipe. Play with Putty tente de transformer ce processus en séance collective, avec plusieurs participants réunis dans le même espace de création.

Google Labs présente Play with Putty comme une expérience de recherche consacrée au vibe coding collaboratif. L’outil doit permettre de construire des sites et des applications à plusieurs, en temps réel, sans interrompre la génération pour passer constamment d’un éditeur, d’un outil de discussion et d’un système de versions à l’autre.

Le terme « vibe coding » désigne ici une manière de développer principalement par la conversation. Au lieu d’écrire chaque fonction manuellement, les participants expliquent ce qu’ils veulent obtenir, examinent le résultat puis formulent de nouvelles demandes. La particularité de Putty ne réside donc pas simplement dans la génération d’une interface, mais dans la possibilité de mener ce travail simultanément avec d’autres personnes.

La démonstration montre plusieurs participants connectés au même projet. Leurs modifications sont synchronisées immédiatement, dans un fonctionnement comparable à celui d’un document partagé. Une personne peut intervenir sur la mise en page pendant qu’une autre demande l’ajout d’un composant ou ajuste son comportement.

Ce mode multijoueur pourrait rapprocher la conception, le développement et la validation. Un designer, un responsable produit et un développeur pourraient travailler dans la même session plutôt que d’échanger successivement des maquettes, des commentaires et des versions. Google ne précise cependant pas encore combien de personnes peuvent rejoindre un projet, comment les rôles sont attribués ou si certains participants peuvent être limités à la consultation.

L’une des fonctions centrales permet de sélectionner directement un élément de l’interface et de lui donner une instruction en langage naturel. L’utilisateur peut, par exemple, choisir un bouton, une zone de texte ou un bloc de navigation, puis demander une modification de son apparence ou de son fonctionnement.

Cette interaction ciblée évite de reformuler le contexte de toute la page à chaque changement. Au lieu de demander une nouvelle version complète, la personne désigne précisément la partie concernée. Le principe se rapproche d’un commentaire attaché à un élément, avec la différence que l’instruction peut immédiatement entraîner une modification du projet.

Putty associe cette édition à un historique partagé. Chaque changement vient enrichir une chronologie qui indique les différentes étapes du projet. Les participants peuvent revenir à une version antérieure et consulter la succession des modifications afin de comprendre comment le résultat a été construit.

Google parle également de « ledger », un registre destiné à conserver la trace des interventions. Cette fonction peut devenir importante dans une session où plusieurs personnes donnent des consignes au même système. Sans historique attribué, il deviendrait rapidement difficile de savoir qui a demandé une modification, ce qu’elle a remplacé et à quel moment un problème est apparu.

La présentation mentionne notamment une version initiale, des modifications de design et des changements de mise en page. Elle ne montre pas encore jusqu’où va ce registre : Google ne précise pas s’il conserve seulement les versions visuelles, le détail des instructions, les réponses du modèle, le code généré ou l’identité de chaque personne ayant validé une étape.

L’historique pourrait aussi servir à comparer plusieurs directions plutôt qu’à suivre un chemin unique. Une équipe pourrait essayer une structure, revenir en arrière puis tester une autre proposition sans perdre les étapes précédentes. Le site de présentation évoque la possibilité de « voyager dans le temps », mais ne documente pas encore la création de branches parallèles ou leur fusion.

Play with Putty rejoint une offre déjà fournie chez Google. Stitch transforme des consignes et des références en interfaces, Opal permet de construire de petites applications par le langage naturel, Firebase Studio fournit un environnement de développement dans le navigateur et Google AI Studio peut générer des applications autour des modèles Gemini.

Google Labs distingue Putty par son orientation explicitement collective. Là où les autres services se concentrent principalement sur la conception, la génération ou l’exécution d’un projet, cette expérience pose une autre question : que devient le développement assisté lorsque plusieurs personnes discutent et interviennent en même temps ?

Le fonctionnement exact de l’intelligence artificielle reste peu documenté. Google ne nomme pas le modèle utilisé, n’indique pas la quantité de contexte conservée au cours d’une session et ne décrit pas la manière dont le système arbitre deux demandes simultanées ou contradictoires. Il n’est donc pas encore possible de déterminer si Putty repose sur une version de Gemini déjà disponible ou sur une configuration conçue spécialement pour cette expérience.

Les technologies compatibles ne sont pas davantage précisées. La présentation parle de sites et d’outils, sans détailler les frameworks, les langages, les bases de données ou les services externes pris en charge. Elle ne permet pas non plus de confirmer si le code peut être consulté intégralement, modifié à la main, exporté vers un dépôt Git ou déployé en dehors de l’environnement de Google.

Ces points détermineront si Putty peut dépasser le prototypage. Une équipe peut rapidement construire une démonstration convaincante avec des instructions naturelles, mais une application destinée à la production exige également des tests, une gestion des accès, un suivi des dépendances, des contrôles de sécurité et une méthode de déploiement. La collaboration visuelle ne remplace pas ces étapes.

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