Le savoir-faire créatif de Pimento passe dans Vibe

Mistral acquiert Pimento pour renforcer l’expérience de Vibe. L’équipe française apporte son expertise des interfaces créatives, de l’orchestration et du contrôle humain.

Un assistant capable de générer du texte, de chercher des informations ou de modifier du code ne devient pas automatiquement simple à utiliser. Plus ses fonctions se multiplient, plus l’interface doit comprendre la demande, sélectionner les bons outils et restituer un résultat encore modifiable. Mistral vient chercher cette compétence chez Pimento.

Florent Facq, cofondateur et directeur général de la jeune entreprise française, a confirmé son acquisition par Mistral. Son équipe rejoindra les divisions Engineering et Products afin d’améliorer l’expérience de Vibe, l’agent qui rassemble désormais les fonctions conversationnelles, professionnelles et de programmation de Mistral.

Le montant exact de l’opération n’est pas publié. Mistral a seulement indiqué à l’AFP qu’il se situait à plusieurs millions d’euros. L’entreprise ne précise ni la part versée en numéraire, ni un éventuel échange de titres, ni les conditions de maintien des fondateurs et de leur équipe. Une acquisition centrée sur Vibe

La destination de l’équipe est clairement désignée. Pimento ne rejoint pas le laboratoire chargé d’entraîner les modèles fondamentaux, mais les équipes responsables du produit et de son ingénierie. L’objectif annoncé porte sur l’expérience de Vibe.

Anciennement appelé Le Chat, Vibe est désormais présenté comme un agent unifié pour le travail et le développement. Son interface conversationnelle peut servir à rechercher des informations, rédiger, analyser des documents et utiliser des outils. Ses modes Work et Code étendent ce principe aux missions comportant plusieurs étapes, aux dépôts logiciels et aux environnements professionnels.

Cette extension transforme la question de l’interface. Une conversation classique peut se limiter à une instruction et une réponse. Un agent doit expliquer ce qu’il compte faire, demander les informations manquantes, choisir des outils, signaler ses actions sensibles et permettre à l’utilisateur de reprendre la main.

L’acquisition suggère que Mistral considère désormais cette couche comme un chantier aussi important que les performances du modèle. Une capacité peut être techniquement disponible sans devenir réellement utilisable si elle reste cachée derrière des menus, des réglages ou des instructions difficiles à maîtriser.

Pimento s’est précisément développé autour de ce problème. Son produit cherchait à donner aux équipes créatives davantage de vitesse sans retirer le contrôle aux personnes chargées du brief, de la direction artistique et de la validation finale. Du moodboard à la production publicitaire

Florent Facq et Tomás Yany ont créé Pimento en octobre 2022. Les deux cofondateurs s’étaient rencontrés à l’École polytechnique avant de suivre des parcours mêlant produit, culture et apprentissage automatique. Facq avait notamment participé au développement du pass Culture, tandis que Yany avait travaillé chez Apple puis chez Nabla.

La première version de Pimento se concentrait sur le début du processus créatif. Une équipe pouvait transmettre un brief, des images de référence et différents éléments de marque afin d’explorer rapidement plusieurs directions. L’outil produisait des moodboards et des propositions visuelles qui pouvaient ensuite être sélectionnées, corrigées ou combinées.

Cette approche ne cherchait pas seulement à fabriquer une image terminée. Elle visait le moment plus incertain où une équipe doit traduire des intentions comme « plus minimaliste », « plus premium » ou « plus énergique » en références suffisamment concrètes pour être discutées.

Pimento avait levé 3 millions d’euros auprès de Partech, Cygni Capital et plusieurs investisseurs individuels. La société présentait alors sa mission comme une manière d’accélérer l’exploration tout en conservant la sélection, la direction et l’arbitrage du côté humain.

Le produit s’est ensuite déplacé vers la création publicitaire et les équipes chargées de la performance. La plateforme réunissait l’identité d’une marque, ses anciennes campagnes et certaines données de diffusion afin de produire de nouvelles variantes adaptées à Meta, TikTok, Google ou Pinterest.

Elle pouvait générer, modifier, décliner et animer des créations, avec une attention portée à la cohérence des couleurs, des typographies, des produits et du ton. Pimento affirme avoir travaillé avec plus de 180 marques, un chiffre qui n’a pas fait l’objet d’une vérification indépendante. Pix préfigurait déjà le travail attendu chez Mistral

Quelques semaines avant l’acquisition, Pimento avait présenté Pix, un assistant conversationnel placé au-dessus de sa suite créative. L’utilisateur pouvait lui transmettre un brief comme il le ferait avec une personne chargée de la création.

Pix devait examiner la demande, poser des questions lorsque certaines informations manquaient, puis coordonner les fonctions de la plateforme. Il pouvait appliquer les éléments de marque, générer plusieurs propositions, conserver les composants sous forme de calques modifiables et décliner une création dans différents formats.

L’intérêt de Pix ne résidait donc pas dans un nouveau générateur isolé. Pimento possédait déjà plusieurs outils. Le problème était de permettre à une personne de les utiliser sans connaître chaque menu, réglage ou formulation nécessaire.

Florent Facq décrivait cette évolution comme le passage d’une suite professionnelle à apprendre vers un partenaire créatif auquel il devient possible de parler. L’assistant ne remplaçait pas les fonctions existantes : il déterminait dans quel ordre les utiliser et rassemblait leurs résultats dans un espace encore modifiable.

Cette expérience correspond directement aux besoins de Vibe. L’agent de Mistral réunit lui aussi plusieurs capacités qui ne doivent pas nécessairement être exposées séparément. Une personne peut demander la préparation d’une présentation, l’analyse d’un dossier ou la modification d’une application sans savoir à l’avance quels connecteurs, fichiers ou agents spécialisés seront nécessaires.

Pimento apporte ainsi moins une