Le montage vidéo personnalisé au cœur du modèle Archon de Selendis

Développé par Selendis avec Steve Aoki, Archon transforme des séquences brutes en montages vidéo et adapte ses choix aux préférences des créateurs.

Le choix d'un plan, la durée d'une séquence ou le moment précis d'une coupe relèvent autant de décisions techniques que de préférences personnelles. Deux monteurs peuvent travailler sur les mêmes images et produire des vidéos très différentes. C'est cette dimension subjective que Selendis cherche à intégrer dans Archon, un modèle d'intelligence artificielle conçu pour transformer des rushes en montages personnalisés, tout en apprenant progressivement les habitudes de chaque créateur.

Développé par un laboratoire auquel participe le DJ et producteur Steve Aoki, le système est présenté comme capable de produire un premier montage à partir de séquences brutes, sans nécessiter d'entraînement spécifique préalable à chaque nouvelle tâche. L'entreprise revendique un traitement réalisé en quelques minutes, au sein d'un environnement collaboratif où plusieurs personnes peuvent intervenir sur un même projet. L'annonce du 3 novembre 2026 s'accompagne de l'ouverture d'une liste d'attente sur le site de Selendis. Apprendre le goût du monteur plutôt que reproduire un style générique

La particularité annoncée d'Archon tient à la manière dont les préférences créatives sont prises en compte. Plutôt que de demander systématiquement à l'utilisateur de décrire son style à travers des instructions textuelles, Selendis entend exploiter les décisions prises pendant les montages précédents.

Trois sources d'information alimentent cette personnalisation : les interventions réalisées dans l'éditeur collaboratif, le catalogue de vidéos déjà produites par le créateur et les références audiovisuelles qu'il fournit. L'association de ces éléments doit aider le système à identifier certaines constantes dans la sélection des plans, leur organisation et le rythme des séquences.

Cette démarche cherche à rapprocher le montage automatisé du fonctionnement d'une collaboration créative dans la durée. Un monteur qui travaille régulièrement avec une marque ou un réalisateur apprend progressivement ses préférences, parfois sans qu'elles soient formulées explicitement. L'outil veut reproduire une partie de cette adaptation en conservant les choix effectués au fil des projets.

Selendis affirme que chaque vidéo montée contribue à améliorer les résultats suivants pour le créateur ou son équipe. Les modalités techniques de cet apprentissage ne sont cependant pas détaillées. L'entreprise ne précise pas si les préférences sont enregistrées dans un profil utilisateur, si elles modifient les paramètres du modèle ou si elles sont réintroduites comme contexte lors des projets suivants. Un montage initial produit directement à partir des rushes

L'autre caractéristique mise en avant concerne la capacité de produire un montage sans passer par une succession de consignes détaillées. Le terme zero-shot, employé dans l'annonce, désigne ici la génération d'un premier résultat à partir des contenus fournis, sans exemples d'entraînement supplémentaires propres à la tâche demandée.

La vidéo de présentation montre notamment une interface de montage comprenant une bibliothèque de médias, un aperçu du résultat et une timeline organisée en plusieurs pistes. Des séquences verticales destinées aux réseaux sociaux y figurent, avec des plans issus de spectacles et d'événements.

Le dispositif se distingue ainsi des outils qui automatisent uniquement des opérations isolées, comme le sous-titrage, le recadrage ou la suppression des silences. L'ambition affichée consiste à prendre en charge une partie des décisions éditoriales nécessaires pour construire une vidéo complète à partir d'un ensemble de prises de vues.

La démonstration ne permet toutefois pas de déterminer précisément quelles opérations ont été réalisées sans intervention humaine. Aucun protocole public ne documente encore la qualité des montages, les durées de traitement selon le volume des rushes ou le nombre de corrections nécessaires avant d'obtenir une version exploitable.

L'appellation de foundation model, utilisée par Selendis, n'est pas non plus accompagnée d'une description de l'architecture, du corpus d'entraînement ou des capacités de généralisation du système. Steve Aoki associé à une approche issue de la production musicale

La participation de Steve Aoki constitue l'un des éléments distinctifs du projet. Dans la vidéo accompagnant le lancement, l'artiste apparaît aux côtés de Gavin Wong, tous deux présentés comme cofondateurs. Le DJ évoque notamment les dépenses importantes liées à la production de contenus et la nécessité d'accélérer leur préparation pour les plateformes sociales.

La démonstration s'appuie sur des séquences issues de son activité musicale, entre déplacements, événements et performances scéniques. Ce contexte illustre un usage où les équipes disposent de nombreuses heures d'images, mais doivent régulièrement produire des formats courts adaptés à différents canaux de diffusion.

L'implication d'un artiste dont l'activité nécessite une production audiovisuelle continue donne au projet un terrain d'expérimentation concret. Elle ne constitue pas, à elle seule, une validation technique des performances annoncées.

Le montage demeure également un travail de sélection et d'interprétation. Identifier les plans pertinents, construire une progression ou préserver une intention artistique ne repose pas uniquement sur la répétition de décisions antérieures. Les préférences peuvent évoluer selon le projet, son public ou le contexte de diffusion. La capacité d'Archon à gérer ces variations reste à documenter. Une disponibilité encore limitée

Pour le moment, l'accès à Selendis passe par une liste d'attente. L'entreprise propose une inscription anticipée et annonce trois mois d'utilisation gratuite pour les personnes sélectionnées dans le cadre de son lancement sur les réseaux sociaux.

Aucune grille tarifaire complète, limite de stockage ou spécification concernant les formats vidéo acceptés n'est publiée sur le site. Les informations disponibles ne précisent pas davantage les modalités d'importation