L'Art Directors Guild reproche à Martin Scorsese son partenariat avec Black Forest Labs
L'Art Directors Guild critique Martin Scorsese pour son partenariat avec Black Forest Labs, accusant le cinéaste de promouvoir le modèle d'IA FLUX.
Le syndicat des directeurs artistiques (Art Directors Guild, ADG Local 800) s'en est pris publiquement à Martin Scorsese après une publicité tournée pour la startup Black Forest Labs, dont le cinéaste est conseiller. Dans ce spot, le réalisateur compose un storyboard de rue médiévale à l'aide de la technologie FLUX et salue l'"intelligence cinématographique" du modèle. Pour le syndicat, le cinéaste "tourne le dos aux artistes humains" qui l'ont accompagné tout au long de sa carrière, et fait la promotion d'un produit qui contourne le travail de ses membres, directeurs artistiques, illustrateurs, chefs décorateurs et autres métiers de la conception visuelle.
Scorsese, qui a longtemps dessiné lui-même ses storyboards, présente l'outil comme une aide à la prévisualisation : un moyen de communiquer plus clairement sa vision à son équipe et, selon ses mots, d'occasionner "moins d'usure pour l'équipe". Il rappelle avoir déjà eu recours à la 3D sur Hugo Cabret et au rajeunissement numérique sur The Irishman, et plaide pour un cinéma ouvert à son évolution.
La riposte syndicale s'appuie sur deux arguments : le déplacement d'emplois dans des métiers déjà fragilisés (les effectifs de l'ADG sont passés de 3 492 membres en 2022 à 2 966 en 2025), et la provenance des données d'entraînement, le syndicat estimant que cette "intelligence cinématographique" ne s'obtient qu'en ingérant de larges volumes d'œuvres sous copyright, vraisemblablement récupérées sans consentement ni rémunération. On ignore à ce stade si Scorsese a employé la technologie sur son prochain long-métrage, What Happens at Night, avec Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence.