Krea relie ses créations à Figma, Slack et Google Drive
Krea lance un agent de création capable d’exploiter plusieurs médias, de mobiliser des agents spécialisés, de mémoriser un univers visuel et de se connecter à des services comme Figma, Slack ou Google Drive.
Créer les visuels d’une campagne, les décliner en plusieurs formats, préparer une vidéo et organiser les fichiers correspondants à partir d’une seule demande. Krea veut confier cette succession d’opérations à Krea Agents, un nouvel espace capable de conduire un projet créatif en utilisant les modèles et les outils réunis sur sa plateforme.
Lancé le 10 septembre 2026, le service est accessible depuis le coin supérieur gauche de l’interface habituelle ou à l’adresse krea.ai/agent. La page peut être consultée sans compte, mais une connexion devient nécessaire dès que l’utilisateur souhaite lancer une génération.
Krea ne remplace pas ses outils de création d’images et de vidéos par une simple fenêtre de discussion. L’agent sert plutôt de couche de coordination. Il reçoit un objectif, examine les fichiers fournis, choisit les opérations nécessaires puis utilise les fonctions de la plateforme pour produire et modifier les différents éléments du projet.
La zone de saisie accepte plusieurs types de médias en plus du texte. Une demande peut ainsi être accompagnée d’images de référence, de vidéos, de documents ou d’éléments déjà enregistrés dans l’espace de travail. Krea ne publie pas encore la liste complète des formats, les limites de taille ou le nombre maximal de fichiers pouvant être joints à une session.
L’utilisateur peut choisir le grand modèle de langage chargé de piloter le travail et régler l’effort consacré à la demande. L’interface publique affiche notamment un mode de sélection automatique et un niveau d’effort moyen. La liste complète des modèles et des niveaux disponibles n’est visible qu’après connexion.
Ce modèle de langage n’est pas nécessairement celui qui fabrique le média final. Il interprète la demande, organise les étapes et sollicite ensuite les générateurs adaptés. Une même session peut donc associer un modèle chargé du raisonnement à plusieurs modèles d’image, de vidéo, de son ou de transformation proposés dans Krea.
Cette distinction évite de réduire l’agent à un nouveau générateur universel. Son intérêt repose surtout sur sa capacité à enchaîner des services qui, jusque-là, devaient être ouverts et configurés séparément. Une première image peut servir à préparer plusieurs variations, lesquelles peuvent ensuite devenir les plans d’une vidéo ou les éléments d’une campagne plus large.
Pour les tâches simples, un seul agent peut exécuter directement la demande. Krea affirme que les projets plus complexes déclenchent une équipe d’agents spécialisés. L’agent principal divise alors le travail et délègue certaines parties avant de rassembler les résultats dans la session.
Le terme « équipe » ne désigne pas plusieurs personnes ni nécessairement des assistants possédant chacun une identité permanente. Il décrit une organisation dans laquelle plusieurs processus peuvent travailler sur des sous-tâches différentes. Krea ne détaille pas encore leurs rôles, leur nombre, leur mode de communication ou les critères utilisés pour décider qu’une demande nécessite cette organisation.
L’entreprise ne fournit pas non plus de mesure comparant cette méthode à l’utilisation d’un agent unique. Une équipe supplémentaire peut examiner davantage de pistes ou travailler sur plusieurs éléments en parallèle, mais elle peut aussi consommer plus de ressources et produire des décisions contradictoires. La qualité de l’orchestration devra donc être évaluée sur des projets réels.
L’interface accompagne cette organisation avec une barre latérale consacrée aux outils. Krea indique que ceux-ci ont été pensés pour fournir un retour visuel à l’agent. Des visualiseurs permettent d’examiner les médias produits, tandis que d’autres panneaux donnent accès aux fichiers et aux fonctions mobilisées pendant la session.
Cette visualisation compte dans un travail créatif. Un agent ne peut pas se contenter de vérifier qu’un fichier a bien été généré. Il doit également examiner sa composition, la cohérence entre plusieurs résultats, la lisibilité des textes et la fidélité aux références. Krea ne précise toutefois pas quels contrôles sont automatiques ni si chaque création est réellement inspectée avant d’être présentée à l’utilisateur.
La page publique propose déjà plusieurs modèles de projets. Ils couvrent notamment la refonte d’une identité de boulangerie, la création d’un film de mode, la conception d’emballages, la préparation d’une visite immobilière, une séance consacrée à un produit, des visuels publicitaires automobiles, une scène de jeu, des produits dérivés ou des propositions de miniatures pour YouTube.
Ces exemples donnent une meilleure idée du positionnement que la notion générale d’assistant créatif. Krea Agents vise des livrables composés de plusieurs médias et de plusieurs étapes, plutôt qu’une génération isolée. Une demande peut commencer par une recherche de direction artistique, continuer par une série d’images puis aboutir à une animation ou à un ensemble de supports cohérents.
Le système de fichiers occupe une place centrale dans cette approche. Selon Krea, il permet de gérer le contexte utilisé par l’agent pour comprendre l’utilisateur et adapter son travail. Les références ne doivent donc pas être ajoutées à nouveau dans chaque instruction si elles ont déjà été organisées dans cet espace.
Ce contexte peut accueillir des logos, des références, des versions précédentes, des informations sur une marque ou des éléments définissant une direction visuelle. L’agent peut théoriquement s’en servir pour conserver une continuité entre plusieurs demandes et éviter qu’un projet reparte de zéro à chaque session.
Krea ne donne pas encore de définition technique précise de cette mémoire. Il reste notamment à déterminer quels fichiers sont chargés automatiquement, pendant combien de temps ils restent associés à l’utilisateur, quelle quantité peut être prise en compte simultanément et comment supprimer une information devenue obsolète sans effacer le reste du projet.
Une mémoire mal maîtrisée peut également produire l’effet inverse