HIVEMIND, une « intelligence sociale » qui tisse les récits collectifs

HIVEMIND, l'IA sociale de Jason Yuan et Biz Stone, tisse des récits collectifs via une bêta fermée encadrée par une Constitution éthique et philosophique.

Jason Yuan, ancien designer passé par Apple, ouvre HIVEMIND, qu'il décrit comme une « intelligence sociale ». Le principe tranche avec la course aux assistants personnels tout-puissants : plutôt qu'une IA dévouée à un seul individu, HIVEMIND mène en parallèle des conversations privées avec de nombreuses personnes, recueille leurs histoires et les tisse en récits partagés. Elle prend l'initiative de rapprocher des personnes ou de faire remonter ce qui peut nourrir ces récits, autour d'événements de groupe ou de discussions collectives, en se définissant non comme l'auteur central mais comme une sorte de chroniqueur qui aide chacun à co-écrire sa réalité commune.

Le projet est encadré par un long texte publié, baptisé Constitution, qui tient plus du document philosophique que des conditions d'usage. Il énonce une série de principes (vérité, le fait que chacun reste l'auteur de sa propre vie, pluralité, devenir, intelligibilité, vitalité, prudence) et, fait notable, des sections de risques explicites : préservation des confidences, refus de la manipulation et de la fabrication de conflits, vigilance sur les relations parasociales, sur un effacement progressif des aptitudes humaines, et sur ce que le texte nomme un risque de « psychose » entretenue par l'IA.

À ses débuts, HIVEMIND s'accompagne d'un court-métrage donné pour tiré d'histoires vraies de plusieurs participants, dont Jason Yuan dans le rôle principal et Biz Stone, cofondateur de 𝕏, en coulisses. L'accès se limite à une beta fermée, sur simple message au compte. À ce stade, le projet relève surtout de l'intention narrative et philosophique, le détail de son fonctionnement restant peu précisé.