Générer des mondes 3D ne suffit plus, il faut y faire agir des robots

La start-up World Labs acquiert SceniX pour lier ses modèles 3D à la simulation robotique. Un pas vers l'entraînement physique des machines en boucle fermée.

Connue pour générer des mondes 3D explorables avec Marble, la start-up d'intelligence spatiale de Fei-Fei Li, World Labs, s'offre SceniX, une jeune société de simulation pour la robotique. L'opération marque son plus grand pas vers l'IA incarnée, celle qui agit dans le monde physique plutôt que sur un écran.

SceniX, fondée par les chercheurs de Columbia Yunzhu Li et Changxi Zheng avec Sonny Hu, construit des simulations à haute fidélité où un robot apprend une tâche dans un environnement virtuel avant de l'exécuter sur du matériel réel. Ses outils servent à générer des données d'entraînement et à évaluer les robots, y compris sur les cas limites. Son constat de départ est simple : un robot se modélise assez bien, mais l'environnement dans lequel il évolue beaucoup moins, et c'est là que se joue le passage réussi de la simulation à la réalité.

La complémentarité est nette. World Labs sait fabriquer des mondes 3D persistants, SceniX aborde le même terrain par la robotique et la simulation. Le pari affiché : les prochaines avancées viendront de la combinaison des World Models, d'une simulation fondée sur l'apprentissage et d'une boucle fermée avec le monde réel, où ce que le robot y apprend nourrit en retour la simulation. Fei-Fei Li résume le glissement, de la génération de mondes vers l'interaction avec eux.

World Labs, qui a bouclé un tour d'un milliard de dollars en février, déplace ainsi sa trajectoire de la création de mondes 3D vers l'IA physique. Les détails techniques de ce que SceniX a déjà bâti sont promis prochainement.