Gemini 4 Argon est désormais accessible au grand public et aux développeurs
Google ouvre Gemini 4 Argon aux abonnés Pro et Ultra, aux développeurs et aux entreprises. Son modèle phare quitte la phase d'accès restreint.
Après deux semaines d'accès limité à certains partenaires et spécialistes de la cybersécurité, Gemini 4 Argon est désormais disponible à l'échelle mondiale. Google ouvre son modèle le plus avancé aux développeurs, aux entreprises et aux abonnés payants de ses services. Cette commercialisation s'accompagne de nouvelles démonstrations, notamment dans le développement logiciel, la création 3D et la recherche scientifique. Un accès élargi à l'écosystème Google
Les abonnés Google AI Pro et Ultra peuvent utiliser Argon dans l'application Gemini et le mode IA de Google Search. Les utilisateurs Ultra y accèdent également depuis Google Antigravity, l'environnement de développement dédié aux agents IA, disponible sur ordinateur et en ligne de commande.
Pour les développeurs et les entreprises, le modèle est proposé dans Google AI Studio, via l'API Gemini payante et au sein des services professionnels de Google Cloud.
Le tarif de lancement reste fixé à 2 dollars par million de tokens en entrée et 10 dollars en sortie, avec une réduction de 95 % sur les entrées mises en cache. Cette offre est temporaire : à compter du 30 novembre, les tarifs annoncés passeront à 4 et 20 dollars respectivement. Des projets logiciels menés sur plusieurs semaines
Google partage plusieurs nouveaux cas d'utilisation en interne. Sur Chromium, Argon a contribué à restructurer une partie du navigateur Chrome issue d'un ensemble historique d'environ six millions de lignes de code. Selon l'entreprise, ce travail, qui concernait plusieurs centaines de fichiers, a été réalisé en quelques semaines plutôt qu'en plusieurs mois.
Dans le framework open source Agent Development Kit, le modèle a identifié des optimisations réduisant de 40 % le temps de préparation des sessions longues en mémoire et accélérant de 21 % les imports à froid.
Les équipes de Google rapportent également une augmentation de plus de 35 % des soumissions de code réalisées avec des agents dans Antigravity, accompagnée d'une baisse de près d'un tiers des annulations de modifications. De Blender à la recherche scientifique
Les démonstrations visuelles occupent aussi une place importante dans cette nouvelle présentation. Argon utilise notamment Blender et Three.js pour construire des environnements 3D interactifs, créer des animations et transformer des photographies d'un bureau en circuit de course miniature jouable.
Dans la recherche, Google met en avant des applications plus spécialisées. Le modèle a participé à l'optimisation de logiciels de chimie quantique et à la conception de nouvelles enzymes, dont certaines ont ensuite présenté une activité catalytique lors d'essais en laboratoire.
Une autre expérience associe Argon au robot humanoïde Apollo d'Apptronik. À partir d'une vidéo montrant une personne jouer au cornhole, le modèle a construit une simulation permettant au robot d'apprendre les mouvements nécessaires. Lors d'un essai réel, Apollo a réussi sept lancers consécutifs. Une ouverture commerciale sous surveillance
L'accès élargi ne signifie pas pour autant la disparition des restrictions de sécurité. Google maintient des protections contre les usages malveillants en cybersécurité et en biologie, ainsi que des mécanismes de surveillance des actions entreprises par les agents.
Le Fairwind Program poursuit parallèlement son expansion auprès de plusieurs centaines de partenaires supplémentaires. Les professionnels de la cyberdéfense sélectionnés peuvent demander un accès spécifique aux capacités du modèle sans certaines restrictions cyber.
Google prévoit également d'offrir à 10 000 scientifiques six mois d'accès au niveau d'utilisation le plus élevé d'Antigravity, sous réserve de sélection et de disponibilité.
Avec cette ouverture mondiale, Argon passe du statut de modèle expérimental réservé à quelques organisations à celui de produit commercial. Ses capacités de raisonnement prolongé avaient déjà été détaillées lors de sa présentation initiale. L'enjeu est désormais de vérifier comment elles se comportent dans les projets quotidiens des développeurs, entreprises et utilisateurs, au-delà des démonstrations sélectionnées par Google.