Du dessin aux essais virtuels, une IA pour les bureaux d’études

La plateforme Prism réunit conception de pièces, simulations physiques et rapports, avec des agents capables de piloter ces étapes.

Dans une démonstration de Navier AI, un agent conçoit un module de refroidissement pour un drone, lance des simulations et rédige un rapport sur le résultat. Ce travail traverse habituellement plusieurs logiciels, avec des fichiers à préparer et des paramètres à reprendre entre chaque étape. La plateforme Prism rassemble ces opérations dans une application de bureau : l’ingénieur décrit le travail attendu, puis l’agent utilise les outils nécessaires à sa réalisation.

L’ouverture au public annoncée le 3 novembre concerne Windows, macOS et Linux. L’application associe conception assistée par ordinateur, visualisation 3D, calcul physique et édition de code. Un démarrage gratuit est proposé, tandis que la page tarifaire affiche une offre à 500 dollars par utilisateur et par mois. La promesse porte sur l’automatisation des opérations entre la demande initiale et les résultats d’une étude. Faire circuler une même demande entre les outils

Le problème visé est celui des manipulations répétées entre deux versions d’un objet. Selon Navier AI, modifier une pièce oblige souvent à nettoyer sa géométrie, refaire le maillage, rétablir les conditions de calcul et transférer les graphiques dans une présentation. Le maillage consiste à découper la géométrie en petits éléments sur lesquels le logiciel peut effectuer ses calculs. Une modification du dessin peut donc entraîner une nouvelle préparation de l’analyse.

La présentation de Prism décrit un agent capable de produire une géométrie modifiable à partir des dimensions, des efforts et des contraintes indiqués par l’utilisateur. Il prépare ensuite les études, lance les calculs et transforme les sorties en graphiques ou en tableaux. La demande peut porter sur une pièce à concevoir comme sur une étude à réaliser à partir d’un projet existant.

Dans le cas du module de refroidissement, les fondateurs décrivent une simulation d’écoulement avec OpenFOAM et une analyse vibratoire avec CalculiX, suivies d’un examen de la fabrication et d’un rapport. Il s’agit d’un exemple présenté par l’entreprise. Il illustre l’enchaînement des opérations, sans établir un gain de temps mesuré sur l’ensemble des projets d’ingénierie. Les simulations passent par des moteurs de calcul identifiés

Les agents pilotent des outils spécialisés pour étudier les fluides, les structures, les échanges thermiques ou les phénomènes électromagnétiques. Le catalogue comprend douze familles de solveurs externes, parmi lesquelles OpenFOAM, CalculiX, codeaster et Elmer. À cet ensemble s’ajoute Ferro, le moteur de calcul structurel intégré de Navier AI. La couverture annoncée dépend donc de plusieurs logiciels, chacun associé à des types d’analyses.

La documentation d’exécution des solveurs précise que les outils externes sont installés à la demande dans des conteneurs. Un moteur de conteneurs, comme Docker ou un équivalent, reste nécessaire. L’application supervise leur lancement et rassemble les journaux de calcul, afin de suivre ce qui a été exécuté et d’identifier un éventuel échec.

Dans cette configuration locale, les calculs continuent même si la fenêtre de Prism est fermée. Une option de calcul distant existe aussi pour les organisations auxquelles Navier l’a activée. Les transferts de fichiers et les lancements sur ces machines font alors l’objet d’autorisations spécifiques, avec les ressources et le tarif horaire présentés avant exécution. Garder les fichiers sur son ordinateur ne rend pas l’agent hors ligne

La FAQ distingue le stockage du projet et le fonctionnement de l’IA. Géométries, maillages et résultats résident sur le disque de l’utilisateur. En revanche, le contenu que l’agent lit pour répondre est envoyé au modèle par l’intermédiaire du service de Navier AI. Une analyse réalisée avec les fichiers locaux comporte donc des échanges avec un service distant.

La connexion est également nécessaire pour s’identifier au lancement et pour utiliser l’agent. Une fois l’accès établi, l’éditeur et les outils de visualisation peuvent fonctionner sans réseau. Les versions prises en charge sont macOS sur Apple Silicon, ainsi que Windows et Linux sur processeurs x86-64. Ces conditions précisent ce que recouvre l’application de bureau, au-delà de la formule « vos fichiers restent sur votre machine ».

Le contrôle des actions dépend des permissions choisies. Le mode manuel demande une validation pour les modifications concernées ; le réglage initial accepte automatiquement les créations et les éditions de fichiers, tout en conservant des demandes pour certaines commandes. La possibilité de revoir une étape existe donc, mais elle n’implique pas que chaque opération soit systématiquement soumise à une approbation. Comparer les versions et conserver les hypothèses

Le travail de l’agent laisse des fichiers consultables : scripts, entrées des solveurs, maillages et résultats. Sur un projet suivi avec Git, une vue expose les changements intervenus dans les fichiers. La documentation de relecture insiste sur les nombres, les unités et les configurations utilisées par le moteur de calcul. Une mauvaise condition aux limites peut produire un résultat apparemment plausible, même si le logiciel s’exécute correctement.

Plusieurs agents peuvent être lancés simultanément pour explorer des variantes, préparer une étude thermique ou rédiger une revue de conception. L’entreprise présente cette organisation comme un moyen d’examiner davantage de solutions. La validité d’une simulation reste liée au modèle physique et aux hypothèses retenues ; la conservation des fichiers donne à l’ingénieur les éléments nécessaires pour les inspecter.

Les résultats peuvent ensuite être assemblés en PDF ou en présentation PowerPoint, à partir des modèles de documents de l’équipe. Les connexions proposées couvrent aussi les outils déjà utilisés, dont Onshape pour la conception, GitHub et GitLab pour le code, ou les services de documentation et de messagerie. L’intégration Altium Designer, destinée à l’électronique, est signalée en bêta.