Dix millions de dollars canadiens pour les laboratoires qui ont vu naître l'apprentissage profond

Anthropic finance huit partenaires canadiens pour dix millions de dollars. Ce que ce soutien aux laboratoires de recherche change pour la sécurité de l'IA.

Anthropic annonce un engagement de dix millions de dollars canadiens auprès d'institutions de recherche du pays, doublé de huit partenariats. La somme doit financer des travaux sur les applications utiles et responsables de l'IA.

Le choix du Canada s'appuie sur une filiation historique que l'entreprise met en avant : à l'époque où les réseaux de neurones suscitaient un scepticisme général, l'Université de Toronto et l'Université de Montréal comptaient parmi les rares institutions à soutenir cette voie, pendant que l'Université de l'Alberta posait les bases de l'apprentissage par renforcement.

Les partenaires couvrent trois registres. Les instituts régionaux d'abord, Amii à Edmonton, Mila à Montréal et l'Institut Vector à Toronto, qui travailleront sur l'apprentissage par renforcement, la confiance et la sécurité, la santé et les sciences. La santé ensuite, avec le CHEO, tourné vers la pédiatrie, et le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), dont le Centre Krembil de neuroinformatique compte évaluer l'équité des systèmes d'IA appliqués à la psychiatrie. Les universités enfin : l'Université Laval s'intéressera au comportement des modèles de langage selon les contextes culturels et aux langues peu dotées, dont le français québécois et les langues autochtones ; l'Université de la Saskatchewan couvrira la biomédecine, la sécurité alimentaire ou l'informatique quantique ; l'Université de Toronto financera des projets via un processus de revue scientifique. Amii, Mila et Vector rejoindront par ailleurs le programme jeunes pousses de l'entreprise cet été.

Le billet s'accompagne d'une fiche pays tirée de l'index économique maison, qui situe le Canada au huitième rang mondial des usages de Claude, avec une adoption par habitant supérieure à ce que laisserait attendre sa population. Un détail sort du lot : les demandes de traduction culminent dans les provinces où la fonction publique pèse le plus, effet probable des obligations de bilinguisme fédérales.