Disney expérimente les clips musicaux générés par IA avec OpenArt

Disney Music Group teste OpenArt pour créer des concepts de clips à partir de ses chansons, en commençant par « Go the Distance » du film Hercule.

La chanson « Go the Distance », tirée du film Hercule sorti en 1997, sert de point de départ à une expérimentation entre Disney Music Group et OpenArt. Le groupe américain teste la création de clips musicaux générés par intelligence artificielle, dans lesquels les paroles, l'ambiance et les émotions d'une chanson servent à construire des propositions visuelles. Une collaboration qui intervient alors que Disney multiplie parallèlement les actions judiciaires contre des entreprises spécialisées dans la génération d'images et de vidéos.

Annoncé lors du Disney Accelerator Demo Day du 3 novembre 2026, le projet vise pour l'instant la conception de lyric videos, ces vidéos qui accompagnent une chanson en associant ses paroles à des images ou des animations. Il ne s'agit pas encore d'une production destinée au public, mais d'un nouvel outil d'exploration créative pour les équipes du groupe. Des paroles transformées en propositions visuelles

Le fonctionnement décrit par les partenaires commence par l'importation d'une chanson dans la plateforme OpenArt. Le système analyse les paroles, l'atmosphère musicale et le ton émotionnel pour proposer un premier storyboard, que les équipes créatives peuvent ensuite modifier, compléter ou réorienter.

Selon les informations recueillies par le Los Angeles Times, l'expérience débute avec « Go the Distance », l'une des chansons emblématiques de la bande originale d'Hercule. Le choix permet d'explorer de nouvelles représentations visuelles d'une œuvre existante, sans nécessairement reprendre les séquences du film d'animation.

L'intérêt porte sur les premières étapes de conception. Plutôt que de développer successivement plusieurs pistes graphiques, les équipes peuvent générer différentes interprétations d'un morceau, comparer leurs directions artistiques et retenir celles qui méritent un travail supplémentaire. Disney estime que certains concepts pourraient ainsi être examinés en quelques heures plutôt qu'en plusieurs semaines.

Cette estimation reste une déclaration de l'entreprise. Aucun protocole comparatif, volume de production ou résultat chiffré indépendant n'a été publié pour mesurer le temps réellement économisé.

Le travail des artistes demeure central dans le dispositif présenté. Les propositions générées servent de base à une sélection et à des modifications humaines, sans que Disney précise encore jusqu'où l'automatisation pourrait intervenir dans la fabrication d'un clip définitif. Un catalogue musical comme terrain d'expérimentation

Au-delà d'une chanson isolée, la collaboration pourrait concerner d'autres œuvres du catalogue musical de Disney. Coco Mao, cofondatrice et directrice générale d'OpenArt, a expliqué au Los Angeles Times que le groupe s'intéressait notamment à la possibilité de produire de nouveaux contenus visuels autour de titres plus anciens.

Ces vidéos pourraient alimenter les plateformes sociales et les services de diffusion entre les grandes sorties cinématographiques ou musicales. Pour un catalogue qui comprend plusieurs décennies de bandes originales, l'enjeu consiste à donner une nouvelle présence audiovisuelle à des chansons qui ne disposent pas nécessairement de clips contemporains.

Fondée en 2022 par Coco Mao et John Qiao, deux anciens ingénieurs de Google, la startup californienne développe une plateforme de création utilisant différents modèles génératifs, dont Kling, Google Veo et Seedream. Les utilisateurs professionnels peuvent choisir les outils employés selon leurs besoins. L'entreprise revendique près de 100 salariés et 17 millions d'utilisateurs actifs mensuels.

La collaboration avec Disney Music Group ne précise cependant pas quels modèles seront effectivement mobilisés pour les productions envisagées. Les modalités de diffusion, le calendrier et les éventuelles adaptations techniques propres au catalogue Disney n'ont pas été détaillés. Une collaboration dans un contexte de litiges sur les droits d'auteur

L'annonce intervient dans un contexte particulier pour le groupe de divertissement, engagé dans plusieurs procédures concernant l'utilisation non autorisée de ses œuvres par des systèmes d'intelligence artificielle.

En juin 2025, Disney et Universal ont engagé des poursuites contre Midjourney, estimant que le service de génération d'images reproduisait des personnages protégés. Une autre action a visé MiniMax, tandis qu'une mise en demeure a été adressée à ByteDance en février 2026 au sujet de Seedance 2.0.

Ces démarches n'impliquent pas un rejet général de l'intelligence artificielle générative. Elles témoignent plutôt d'une distinction entre les usages faisant l'objet d'un accord commercial et ceux que les ayants droit considèrent comme des exploitations non autorisées de leurs œuvres.

Le choix d'OpenArt s'inscrit dans cette logique de collaboration encadrée. La plateforme dispose notamment d'un outil destiné à signaler les contenus susceptibles de porter atteinte à des droits de propriété intellectuelle. Son existence ne constitue toutefois pas une garantie absolue de conformité, et les conditions exactes de protection des œuvres utilisées dans le projet Disney n'ont pas été rendues publiques.

Le groupe avait déjà exploré un rapprochement avec OpenAI autour de Sora, accompagné d'un investissement annoncé d'un milliard de dollars et d'un accord de licence sur certains personnages. Ce partenariat n'a finalement pas abouti après l'abandon de Sora, sans transfert financier entre les entreprises, selon le Los Angeles Times. Une expérimentation parmi cinq collaborations du Disney Accelerator

Les essais consacrés aux clips musicaux s'inscrivent dans la douzième édition du Disney Accelerator, un programme qui accompagne des entreprises technologiques dans le développement de collaborations avec les différentes divisions du groupe.

Pendant quatre mois, cinq sociétés ont travaillé avec les équipes de Disney sur des applications concernant la création, la robotique et les expériences proposées aux visiteurs.

Dans le domaine audiovisuel,