De l’ADN aux télescopes spatiaux, Claude s’invite dans 20 institutions scientifiques
Anthropic étend AI for Science à 20 partenaires scientifiques, des laboratoires de génomique à la NASA, pour accompagner la recherche avec Claude.
L'intelligence artificielle gagne du terrain dans les laboratoires, jusque dans l'analyse du génome humain, l'observation de l'Univers et la recherche contre le cancer. Vingt fondations, institutions et équipes scientifiques rejoignent l'extension du programme AI for Science, porté par Anthropic. Le dispositif donne accès à des crédits gratuits pour utiliser Claude dans des projets de recherche, avec une ambition qui dépasse désormais l'accompagnement individuel des scientifiques : intégrer l'IA aux infrastructures, aux instruments et aux méthodes de travail des grands organismes de recherche.
Créé en mai 2025, AI for Science a déjà accompagné plusieurs centaines de projets en biologie, médecine, physique, chimie, climatologie et mathématiques. Les chercheurs utilisent notamment Claude pour formuler des hypothèses, concevoir des expériences, analyser des données complexes et communiquer leurs résultats. Cette nouvelle phase s'appuie sur trois catégories de partenaires : les organismes de financement, les institutions scientifiques et les équipes engagées dans des projets spécifiques. Des télescopes de la NASA aux laboratoires de génomique
Parmi les nouveaux partenaires figure le Space Telescope Science Institute, qui supervise les opérations scientifiques des télescopes spatiaux Hubble, James Webb et Roman de la NASA. L'institut gère également d'immenses archives astronomiques exploitées par la communauté scientifique internationale. Son intégration au programme permettra aux chercheurs d'accéder aux ressources de Claude, sans qu'Anthropic détaille encore les applications concrètes envisagées.
Le secteur biomédical est particulièrement représenté. Le Wellcome Sanger Institute, spécialisé dans le séquençage génétique à grande échelle, côtoie le Francis Crick Institute, qui réunit plus de 100 équipes étudiant les mécanismes biologiques des maladies. L'European Molecular Biology Laboratory (EMBL), l'Imperial College London et les Gladstone Institutes participent également à cette extension. Ces organismes produisent et exploitent des volumes considérables de données, notamment sur les cellules, les mutations génétiques et les mécanismes du vivant.
Six organismes de financement et sociétés scientifiques rejoignent par ailleurs le dispositif, notamment l'Alfred P. Sloan Foundation, la Simons Foundation, Schmidt Sciences et la National Science Foundation américaine. Leur rôle sera de redistribuer les crédits Claude à des chercheurs soutenant des projets scientifiques sélectionnés. Comprendre le cerveau, explorer le climat et détecter les maladies rares
Plusieurs initiatives permettent de mieux cerner les usages envisagés. À Princeton, le projet FlyWire a produit la première cartographie complète des connexions neuronales du cerveau d'une drosophile adulte. Ses données ouvertes servent à étudier la manière dont les circuits neuronaux produisent des comportements et des perceptions. L'accès à Claude s'inscrit dans la poursuite de ces travaux de neurosciences.
À l'université Columbia, le centre LEAP associe intelligence artificielle et physique pour améliorer les modèles climatiques, notamment leur représentation des nuages, des océans et des surfaces terrestres. Dans un autre domaine, AstroPath, développé à l'université Johns Hopkins, emprunte aux techniques de calibration astronomique pour analyser les tumeurs cellule par cellule et comparer les observations entre laboratoires.
La génomique constitue un autre terrain d'application. La base gnomAD, développée au Broad Institute, rassemble des données génétiques provenant de plus de 800 000 personnes. Cette ressource ouverte aide les chercheurs et les laboratoires cliniques à interpréter les variations de l'ADN, notamment dans l'étude et le diagnostic des maladies rares.
Les mathématiques ne sont pas absentes du programme. Le projet collaboratif Tau Ceti construit une bibliothèque de connaissances mathématiques formalisées dans Lean, un langage permettant à un ordinateur de vérifier rigoureusement les démonstrations. Quand les agents IA commencent à piloter les instruments
Au-delà de l'analyse de données, Anthropic travaille également sur la connexion entre modèles d'IA et équipements scientifiques. En collaboration avec le HHMI Janelia Research Campus, l'entreprise développe le Model Hardware Standard, une spécification destinée à permettre aux agents d'interagir avec différents instruments de laboratoire à travers une interface commune.
Ce standard, encore en phase expérimentale, concerne notamment les microscopes, les bras robotisés et les systèmes automatisés de manipulation de liquides. Il permet à un agent de coordonner plusieurs appareils, de suivre des mesures et d'adapter certains paramètres pendant une expérience. Dans les premiers essais présentés par Anthropic, des équipes de Carnegie Mellon ont ainsi réalisé des expériences de dilution et de mesure de réponse à différentes doses environ trois fois plus rapidement qu'auparavant.
L'Allen Institute explore une autre approche en constituant des équipes d'agents chargés d'analyser ses vastes ensembles de données sur le cerveau, les cellules et le système immunitaire. Selon Anthropic, certaines opérations qui nécessitaient plusieurs mois d'analyse manuelle peuvent désormais être réalisées en quelques heures. Ces résultats concernent des travaux spécifiques et ne permettent pas encore de généraliser de tels gains à l'ensemble de la recherche scientifique. Une collaboration scientifique qui reste à mesurer
L'extension d'AI for Science ne repose pas sur un financement direct des laboratoires, mais principalement sur la mise à disposition de crédits d'utilisation de Claude. Le programme comprend également une offre Team à tarif réduit pour les scientifiques, tandis que certaines collaborations portent sur le développement d'outils et de standards communs.
Anthropic souligne que plusieurs partenariats en sont encore à leurs débuts. Aucun bilan global ne permet, à ce stade, de mesurer leur contribution à de