Claude ne sépare plus la conversation du travail délégué

Anthropic fusionne Claude Chat et Cowork dans une même interface, capable de mener des tâches en arrière-plan, de créer des documents et des présentations, puis de les modifier avec l’utilisateur.

Une question rapide peut désormais devenir un rapport, puis une présentation, sans quitter la conversation ni sélectionner un autre mode. Anthropic réunit Claude Chat et Claude Cowork afin que son assistant détermine lui-même si une demande nécessite une simple réponse ou plusieurs étapes de travail.

Cette nouvelle expérience supprime progressivement les boutons qui séparaient Chat de Cowork. L’utilisateur décrit le résultat attendu, les sources à consulter et le format de livraison. Claude peut ensuite chercher des informations, lire des fichiers, exécuter du code, solliciter les services connectés et produire le livrable dans la même conversation.

La modification porte d’abord sur l’organisation du produit. Anthropic ne présente ni nouveau modèle ni capacité de raisonnement mesurée par une évaluation supplémentaire. L’entreprise rend accessibles depuis le chat les fonctions agentiques qui nécessitaient auparavant l’ouverture de Cowork.

Chat servait principalement à obtenir une réponse immédiate, tandis que Cowork accueillait les missions plus longues, capables d’utiliser des fichiers et des outils. Cette distinction obligeait l’utilisateur à choisir le bon environnement avant même de savoir jusqu’où la demande allait se développer.

Un travail commencé dans l’un ne circulait pas non plus naturellement vers l’autre. Une recherche réalisée dans Cowork pouvait déboucher sur une conversation distincte pour reformuler le résultat, puis sur un autre espace pour préparer un support visuel.

La fusion transforme la conversation en point d’entrée commun. Une demande peut rester courte ou s’étendre à mesure que Claude identifie les opérations nécessaires. Le système peut également poser des questions lorsqu’une échéance, une source ou un format manque.

Une entreprise peut, par exemple, demander ce qui a évolué dans son portefeuille commercial pendant la semaine, faire signaler les retards, rédiger un rapport selon ses habitudes, puis convertir les principaux résultats en cinq diapositives. Les documents et la présentation partagent alors le même contexte au lieu d’être préparés à partir d’instructions séparées.

Claude peut lancer plusieurs tâches à la fois. Une conversation consacrée à un rapport n’empêche donc pas, en principe, une autre mission de progresser en parallèle. Cette capacité reste soumise aux limites d’utilisation de l’abonnement et aux ressources nécessaires à chaque tâche.

Les opérations longues peuvent continuer dans le cloud lorsqu’un onglet est fermé ou que l’ordinateur est éteint. L’utilisateur retrouve ensuite le résultat dans la conversation et peut suivre son avancement depuis l’application mobile.

Cette continuité comporte une réserve importante. Une tâche fondée uniquement sur le Web, les fichiers enregistrés dans le compte et les connecteurs distants peut se poursuivre sans ordinateur. Dès qu’elle doit atteindre un dossier local, manipuler une application installée ou utiliser le navigateur de la machine, Claude Desktop doit rester ouvert.

La formule selon laquelle Claude continue après la fermeture de l’ordinateur ne s’applique donc pas à toutes les opérations. Un rapport alimenté par Slack ou Google Drive peut fonctionner à distance. Le classement d’un dossier stocké sur le Mac de l’utilisateur attendra que l’application de bureau et la machine soient disponibles.

Les tâches récurrentes profitent elles aussi de cette exécution distante. Claude peut préparer chaque lundi un résumé des messages reçus, compiler une veille, interroger un calendrier ou produire un rapport depuis des services connectés.

Chaque automatisation conserve une instruction, une fréquence et les autorisations nécessaires. Les exécutions passées et futures apparaissent dans un espace Scheduled, depuis lequel la tâche peut être modifiée, suspendue, lancée manuellement ou supprimée.

Une automatisation exécutée dans le cloud ne peut cependant pas être rattachée à un dossier présent uniquement sur l’ordinateur. Si elle dépend de fichiers locaux ou d’une application installée, elle devra fonctionner localement et retrouvera les mêmes contraintes de disponibilité que les autres tâches de bureau.

La fusion s’accompagne de deux nouveaux formats de création. Claude Docs sert à rédiger des documents évolutifs, tandis que Claude Slides produit des présentations. Claude Design, déjà proposé séparément, rejoint également les conversations.

Un document peut être demandé à partir des messages précédents, d’un projet, de la mémoire, de fichiers ou de services connectés. Claude pose quelques questions avant de le préparer, rédige dans l’interface et ajoute des commentaires pour expliquer certains choix ou réclamer une précision.

L’utilisateur peut écrire directement dans le document pendant que Claude travaille. Les changements sont enregistrés automatiquement et les personnes disposant d’un droit de modification peuvent intervenir en temps réel.

Un passage peut aussi recevoir un commentaire mentionnant `@Claude`. L’assistant répond dans le fil, applique la correction et décrit ce qu’il a modifié. Cette mécanique rapproche Claude Docs d’un espace de travail collectif plutôt que d’un simple fichier produit à la fin d’une conversation.

Les documents acceptent du texte enrichi, des tableaux, plusieurs onglets, des graphiques, des chronologies et des schémas. Les représentations obtenues depuis une source connectée ne se mettent toutefois pas à jour automatiquement. Claude doit être sollicité de nouveau pour récupérer les données les plus récentes.

Les créations sont privées par défaut. Sur les abonnements Pro et Max, elles peuvent être ouvertes aux personnes possédant le lien. Sur Team et Enterprise, le propriétaire choisit des membres ou des groupes de son organisation, mais le partage externe n’est pas encore proposé.

La consultation d’un document partagé exige un compte Claude. Il n’existe pas non plus de permission limitée aux commentaires : une personne est soit lectrice, soit éditrice. Seul le propriétaire peut renommer ou supprimer