Claude entre dans les laboratoires pharmaceutiques, avec des résultats mesurés sur des anticorps et des traitements expérimentaux

Anthropic présente les premiers résultats de Claude dans la recherche pharmaceutique, de la conception d'anticorps aux essais précliniques.

Claude entre dans les laboratoires pharmaceutiques, avec des résultats mesurés sur des anticorps et des traitements expérimentaux

Un anticorps raccourci de 70 %, environ 35 000 molécules candidates conçues en un mois et un examen documentaire accéléré de 89 %. Anthropic publie les premiers résultats de ses collaborations avec six organisations de recherche pharmaceutique, auxquelles s'ajoutent ses propres programmes de découverte de médicaments. L'objectif est d'étendre l'utilisation de Claude à l'ensemble du développement thérapeutique, depuis les premières hypothèses biologiques jusqu'à la préparation des dossiers réglementaires et des essais cliniques.

Les expériences concernent des domaines variés : immunothérapie anticancéreuse, allergies alimentaires, anticorps thérapeutiques, fabrication pharmaceutique et maladies génétiques rares. Plusieurs résultats ont été vérifiés en laboratoire, mais les molécules présentées sont, pour l'essentiel, encore à un stade préclinique. Aucune des expériences décrites ne démontre qu'un traitement conçu avec Claude est déjà efficace chez l'humain. Réduire de 70 % une séquence génétique utilisée contre le cancer

Chez Generate Biomedicines, six scientifiques ont utilisé Claude Code pour modifier un élément des thérapies CAR-T.

Ces traitements consistent à reprogrammer certaines cellules immunitaires afin qu'elles reconnaissent et détruisent des cellules cancéreuses. Ils ont notamment démontré leur intérêt dans plusieurs cancers du sang. Leur adaptation aux tumeurs solides reste plus difficile.

L'un des obstacles concerne la quantité d'instructions génétiques que l'on peut intégrer dans les cellules modifiées. Réduire certaines séquences permettrait de libérer de la place pour ajouter des fonctions destinées à améliorer l'action de ces cellules contre d'autres types de cancers.

Les chercheurs ont confié à Claude la conception de nouvelles versions d'une partie de ces instructions.

L'une des propositions obtenues était environ 70 % plus courte que la version de référence. Lors des essais en laboratoire, cette modification a permis aux cellules immunitaires de produire environ dix fois plus de récepteurs, les protéines qui leur servent à reconnaître les cellules cancéreuses.

Les équipes rapportent également une destruction plus efficace des cellules tumorales et une activité immunitaire prolongée.

Ces observations concernent des expériences de laboratoire. Elles n'établissent pas encore que la modification améliorera la sécurité ou l'efficacité clinique d'une thérapie CAR-T chez les patients. Quelque 35 000 anticorps générés contre les allergies alimentaires

La collaboration avec Divergence Labs explore une autre approche thérapeutique, cette fois contre les allergies alimentaires.

Les réactions allergiques impliquent notamment les immunoglobulines E, ou IgE. Certains traitements cherchent à neutraliser les IgE présentes dans le sang. Divergence travaille sur une stratégie différente : détacher les IgE déjà fixées aux cellules immunitaires impliquées dans la réaction allergique.

Pour y parvenir, le laboratoire envisage une molécule dotée de deux parties complémentaires. L'une doit reconnaître les IgE, tandis que l'autre doit faciliter leur détachement de la cellule.

Claude a transformé cet objectif biologique en programme de conception, puis généré environ 35 000 variantes d'anticorps en un mois, avec un degré important d'autonomie.

Après sélection et essais expérimentaux, Divergence a identifié trois candidats capables de se lier aux IgE et vingt candidats capables de les détacher.

Parmi ces vingt molécules, trois ont montré, dans les tests préliminaires, une capacité de détachement supérieure à celle du médicament de référence utilisé pour la comparaison.

Il ne s'agit pas encore d'un traitement complet. La prochaine étape consiste à associer les deux fonctions dans une même molécule, puis à vérifier qu'elle retire les IgE sans déclencher elle-même la réaction allergique que les chercheurs cherchent à empêcher.

L'équipe a également identifié une limite de Claude : face à certains résultats déjà suffisamment concluants, le modèle proposait des expériences supplémentaires peu susceptibles de modifier la décision scientifique. Les chercheurs humains ont parfois préféré changer de piste plutôt que de poursuivre ces vérifications. Plus de 1 000 variantes d'anticorps testées chez BigHat

Chez BigHat Biosciences, Claude a été intégré à un processus expérimental associant conception informatique et laboratoire automatisé.

Les travaux portaient sur deux fragments d'anticorps destinés à de futurs traitements. Le premier devait reconnaître des cellules cancéreuses ; le second visait à prolonger la durée de présence d'un médicament dans l'organisme.

Pour être utilisable, une molécule thérapeutique doit non seulement reconnaître sa cible, mais aussi rester stable pendant sa fabrication, son stockage et son administration.

Connecté au système de données de laboratoire Reccy, Claude a proposé des modifications moléculaires que les scientifiques ont ensuite produites et évaluées.

Environ 1 010 variantes ont été testées en dix semaines.

Les meilleures versions présentaient une affinité de liaison plus de dix fois supérieure aux molécules initiales. Le fragment destiné à reconnaître les cellules cancéreuses restait en solution jusqu'à une température supérieure de 18 °C à celle de sa version de départ.

Pour l'autre fragment, la vitesse d'agrégation, c'est-à-dire la tendance des molécules à se regrouper, a été divisée par plus de cent.

L'expérience ne s'est pas limitée à demander de nouvelles séquences à un modèle. Lorsque les indicateurs habituels de stabilité ont semblé insuffisants, Claude et un chercheur d'Anthropic ont réexaminé les données brutes, proposé de nouvelles mesures et suggéré une modification du protocole expérimental. Les scientifiques de BigHat ont ensuite adapté et réalisé les tests.

Les gains observés portent sur des propriétés importantes pour le développement d'un médicament,