Character.AI en faillite : Disney se positionne avec une offre de 20 millions de dollars
Character.AI met ses actifs aux enchères sous protection judiciaire. Disney formule une première proposition de 20 millions de dollars pour la technologie.
La trajectoire de Character.AI prend un tournant brutal. Connue pour ses conversations avec des personnages virtuels et ses expériences de fiction interactive, la plateforme américaine se place sous la protection du Chapter 11, la procédure américaine permettant à une entreprise en difficulté de se restructurer sous contrôle judiciaire. Son objectif : organiser la vente de tout ou partie de ses actifs. Disney s'est déjà positionné avec une offre de référence de 20 millions de dollars, sans pour autant avoir racheté l'entreprise. Disney entre dans le processus de vente
L'accord conclu avec Disney Worldwide Services porte sur une licence perpétuelle et non exclusive de certains droits de propriété intellectuelle, ainsi que sur certaines créances et droits de Character.AI. En contrepartie, Disney propose 20 millions de dollars et des services de transition assurés par d'anciens salariés de la plateforme désormais recrutés par le groupe.
Disney intervient comme stalking horse bidder, un soumissionnaire de référence dont l'offre sert de point de départ à une vente aux enchères supervisée par la justice américaine. D'autres candidats pourront présenter des propositions concurrentes plus avantageuses.
L'accord ne constitue donc ni une acquisition définitive de Character.AI, ni un transfert exclusif de l'ensemble de sa technologie à Disney. Une plateforme fragilisée par les procédures judiciaires
Character.AI fait face depuis plusieurs mois à des difficultés juridiques, réglementaires et opérationnelles. La plateforme, fondée en 2021, a notamment été visée par plusieurs procédures concernant les interactions entre ses personnages conversationnels et des utilisateurs mineurs.
Ces affaires ont soulevé des questions sur les risques liés aux compagnons IA, notamment leur influence sur les comportements et la santé mentale des adolescents. Character.AI avait déjà restreint l'accès des moins de 18 ans à certaines conversations ouvertes.
La procédure financière intervient également dans un contexte de changements importants au sein de l'entreprise. Ses cofondateurs avaient rejoint Google en 2024, tandis que son ancien dirigeant Karandeep Anand a récemment été nommé directeur technologique de Disney, accompagné de plusieurs collaborateurs. La plateforme pourrait fermer d'ici décembre
Character.AI prévoit de poursuivre ses activités pendant la procédure, avec un minimum de perturbations pour ses utilisateurs. Les abonnements restent actifs et les engagements courants doivent être maintenus, sous réserve des autorisations judiciaires nécessaires.
Le calendrier annoncé prévoit une conclusion du processus de vente fin novembre ou début décembre 2026.
Mais la poursuite du service n'est pas garantie. Dans sa communication aux utilisateurs, Character.AI reconnaît que la plateforme pourrait être arrêtée si aucune offre ne permet de maintenir son exploitation. Quel avenir pour les personnages IA ?
L'intérêt de Disney intervient alors que les grands groupes de divertissement cherchent à développer de nouvelles expériences autour de leurs univers et personnages. Character.AI dispose précisément d'un savoir-faire dans les conversations interactives, les jeux de rôle et les récits générés avec l'IA.
Aucun projet commun ni intégration de cette technologie aux services Disney n'a toutefois été annoncé dans le cadre de l'accord.
Cette procédure illustre surtout la fragilité économique et juridique d'un secteur qui a longtemps misé sur l'engagement des utilisateurs. Pour Character.AI, l'enjeu immédiat n'est plus de développer de nouvelles expériences, mais de trouver un repreneur capable d'assurer la continuité de la plateforme. Pour Disney, l'opération pourrait constituer une occasion d'acquérir des droits et des compétences dans le divertissement conversationnel, sans reprendre nécessairement l'entreprise elle-même.