Antigravity transforme les réponses de ses agents en interfaces interactives
Google Antigravity peut désormais générer des interfaces HTML interactives, des graphiques et des simulations directement dans ses conversations.
Google enrichit Antigravity d’un système d’artefacts interactifs conçu pour dépasser les limites des réponses en texte, des images statiques et des diagrammes Mermaid. Les agents de cet environnement de développement peuvent désormais produire des composants visuels, des tableaux de bord, des graphiques dynamiques ou encore des simulations explicatives, puis les afficher directement dans la conversation.
La fonctionnalité, introduite avec la version 2.11.0 d’Antigravity, repose sur la génération de contenus en HTML, CSS et JavaScript. L’utilisateur peut manipuler le résultat dans la conversation ou l’ouvrir dans le panneau dédié aux artefacts. L’objectif est de rendre immédiatement visible et testable une idée qui serait difficile à transmettre sous la forme d’une simple description.
Un développeur peut, par exemple, demander à l’agent de représenter les dépendances d’un projet, de créer un tableau de bord à partir de données, de simuler le fonctionnement d’une architecture ou de prototyper un composant d’interface. L’annonce évoque également la création de simulations explicatives en 3D, même si Google ne précise pas encore les technologies prises en charge pour ce cas particulier.
Le processus reste intégré à la conversation. Il suffit de formuler une demande en langage naturel ou d’utiliser la commande `/generativeui`. L’agent construit alors l’artefact, l’affiche dans une zone de prévisualisation et peut le modifier à partir de nouvelles instructions. L’utilisateur peut inspecter les différents éléments, demander des ajustements ou exporter le résultat sous la forme d’un fichier HTML autonome.
Antigravity prend officiellement en charge les formules mathématiques avec KaTeX ainsi que les graphiques créés avec Chart.js et Plotly. Cette intégration permet notamment de générer des courbes temporelles, des comparaisons, des représentations statistiques ou des tableaux de bord sans commencer par configurer manuellement ces outils.
Google présente également ces visualisations comme fonctionnant sans installation de dépendances supplémentaires. Elles sont rendues localement et peuvent continuer à fonctionner hors ligne une fois exportées. Cette formulation ne signifie toutefois pas nécessairement que le code produit n’utilise aucune bibliothèque : Antigravity fournit directement la prise en charge de plusieurs composants, ce qui évite surtout à l’utilisateur de les ajouter à son projet.
La nouveauté transforme progressivement la réponse de l’agent en petite application temporaire. Au lieu de recevoir uniquement une explication sur l’organisation d’un code ou sur l’évolution d’un jeu de données, le développeur peut explorer le résultat, modifier des paramètres et observer les conséquences. Cette approche peut réduire les allers-retours entre le terminal, un outil de visualisation et un éditeur d’interface.
Les artefacts ne doivent cependant pas être considérés comme des composants prêts à être déployés sans vérification. Comme tout code généré, leur contenu doit être contrôlé avant d’être intégré à un produit ou partagé publiquement. L’accessibilité, la compatibilité entre navigateurs, les performances, l’exactitude des données et la gestion d’éventuelles informations sensibles restent sous la responsabilité du développeur.
Google ne détaille pas non plus, dans son annonce, les restrictions réseau ni le modèle d’isolation appliqué au JavaScript exécuté dans la prévisualisation. L’export en HTML facilite la réutilisation, mais impose de vérifier les ressources externes, les liens et les données éventuellement incorporées au fichier.
Les interfaces génératives sont disponibles dans Antigravity 2.11.0. Google précise que les nouvelles versions sont distribuées progressivement et peuvent mettre quelques jours à atteindre tous les utilisateurs. La fonctionnalité confirme une évolution plus générale des assistants de développement : leurs réponses ne sont plus seulement destinées à être lues, mais aussi à être manipulées, testées et réutilisées.