Anthropic prépare son entrée en Bourse avec 16,3 milliards de dollars de revenus en six mois
Le prospectus boursier d'Anthropic révèle 16,3 milliards de dollars de revenus semestriels, 80,7 milliards de pertes nettes et une forte croissance de Claude.
16,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires en six mois, 80,7 milliards de pertes nettes et plus de 131 milliards de liquidités et de placements à court terme. Le prospectus déposé par Anthropic auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) donne une nouvelle dimension financière à l'entreprise derrière Claude. En préparation de son introduction au Nasdaq sous le symbole ANT, le laboratoire américain rend publics ses comptes, l'ampleur de ses investissements dans le calcul informatique, la progression de ses clients professionnels et une organisation du capital destinée à préserver le contrôle de ses fondateurs.
L'opération reste à préciser. Anthropic n'a pas encore communiqué le nombre d'actions proposées ni la fourchette de prix de son introduction en Bourse. Les hypothèses de valorisation évoquées dans la presse ne constituent donc pas des conditions officiellement arrêtées dans le formulaire S-1. Une croissance de 1 300 % sur les six premiers mois de 2026
La progression des revenus constitue l'une des données les plus marquantes du prospectus. Anthropic a réalisé 16,286 milliards de dollars de chiffre d'affaires au premier semestre 2026, contre 1,163 milliard sur la même période de 2025, soit une hausse d'environ 1 300 %.
La comparaison avec les exercices précédents illustre l'accélération de son activité. En 2023, Anthropic déclarait 41 millions de dollars de revenus. Ce montant est passé à 386 millions en 2024, puis à 4,585 milliards en 2025. Les six premiers mois de 2026 représentent ainsi plus de trois fois et demie le chiffre d'affaires de toute l'année précédente.
Le deuxième trimestre 2026 concentre une part particulièrement importante de cette croissance, avec 11,555 milliards de dollars de revenus, contre 4,731 milliards au premier trimestre. L'activité a donc plus que doublé entre les deux périodes.
L'entreprise explique cette trajectoire par la succession des nouvelles générations de modèles Claude, la hausse de leur utilisation et l'intégration de ses outils dans des applications professionnelles. Son modèle économique repose à la fois sur des abonnements et sur une facturation de l'intelligence consommée, notamment à travers les API. Une perte nette de 80,7 milliards qui ne correspond pas aux pertes d'exploitation
Le chiffre le plus spectaculaire du document est celui de la perte nette. Anthropic affiche 80,748 milliards de dollars de pertes sur le premier semestre 2026, contre 12,969 milliards un an plus tôt.
Cette donnée nécessite toutefois une distinction comptable essentielle. Sur ce total, 72,388 milliards de dollars correspondent à des variations de juste valeur de dettes convertibles et d'autres instruments financiers. Ces ajustements sont principalement liés à l'augmentation de la valorisation de l'entreprise, qui modifie la valeur comptable de certains engagements.
La perte nette ne doit donc pas être assimilée à une dépense de trésorerie équivalente. Sur le plan opérationnel, les comptes présentent une évolution très différente : la perte d'exploitation du premier semestre 2026 s'établit à 693 millions de dollars, contre 2,135 milliards à la même période de 2025.
Le détail trimestriel est encore plus révélateur. Après une perte d'exploitation de 1,667 milliard de dollars au premier trimestre, Anthropic enregistre 974 millions de dollars de résultat d'exploitation positif au deuxième trimestre 2026. Ce bénéfice trimestriel ne signifie pas que l'entreprise soit devenue durablement rentable, mais il montre que l'augmentation des revenus a, sur cette période, dépassé celle des dépenses opérationnelles. Près de neuf milliards de dollars consacrés au calcul en six mois
L'entraînement et l'exécution des modèles demeurent le principal poste de dépenses du laboratoire. Au premier semestre 2026, Anthropic a consacré 8,945 milliards de dollars au calcul et aux infrastructures, contre 2,334 milliards un an auparavant.
Ces dépenses couvrent plusieurs activités : l'entraînement et l'amélioration des modèles, les ressources nécessaires pour servir les utilisateurs, les capacités louées auprès des fournisseurs cloud, ainsi que le stockage, les réseaux et les équipements associés.
Rapportées au chiffre d'affaires, elles représentent environ 55 % des revenus semestriels, contre 201 % un an auparavant. Ce changement traduit une progression du chiffre d'affaires beaucoup plus rapide que celle des coûts informatiques sur la période.
Anthropic utilise plusieurs architectures matérielles, notamment les puces AWS Trainium, les TPU de Google, les GPU NVIDIA et AMD. L'entreprise décrit une stratégie consistant à gérer ces ressources comme une capacité commune, répartie entre recherche, entraînement et utilisation commerciale selon les besoins.
Le prospectus signale également des engagements de long terme portant sur les infrastructures et le calcul. Plusieurs montants précis figurent encore sous forme de champs non renseignés dans cette version préliminaire, ce qui empêche d'en établir le total contractuel définitif à partir du document déposé. Plus de 11 900 clients dépensent au moins 100 000 dollars par an
La croissance d'Anthropic s'appuie fortement sur les entreprises. Au 30 septembre 2026, le laboratoire indique compter plus de 11 900 clients générant chacun au moins 100 000 dollars de revenus sur douze mois glissants.
Parmi eux, plus de 1 900 clients atteignent le million de dollars annuel, tandis qu'environ 250 clients dépassent les dix millions de dollars. Ces seuils correspondent au chiffre d'affaires réalisé par Anthropic auprès de chaque organisation, et non au budget total que ces clients consacrent à l'intelligence artificielle.
Le prospectus fait état d'un taux de rétention nette du chiffre d'affaires d'environ 900 % au 30 septembre 2026. Cette mesure compare les revenus apportés par une même cohorte de clients à un an d'intervalle, en tenant compte de l'expansion, de la contraction et des départs. Un niveau de 900 % signifie que les revenus de la cohorte qualifiée sont