Les débats qui font débat sur l'IA
L’IA a ses fans et ses détracteurs et c’est bien normal. Révolution technologique, changement d’époque, nouveaux usages, incertitudes professionnelles, fin du monde, fortunes colossales, fin des maladies... On nous promet tout et son contraire. Pourtant de nombreuses questions me semblent mal posées par rapport à de véritables enjeux encore sans réponses. Et comme une mauvaise question apporte toujours de mauvaises réponses, je vous propose une revue de détails totalement subjective de ma part et des propositions de nouveaux sujets pour s’écharper gentiment sur l’IA.
L’IA VA TOUS NOUS REMPLACER !
Tant qu’il restera un humain avec au moins une main sur Terre, il restera la solution ultime : débrancher les machines en cas de soulèvement contre l’homme. Et oui, l’IA c’est comme votre machine à laver, elle a besoin d’énergie pour fonctionner, et bien plus que votre machine à laver d’ailleurs. Sans énergie, l’IA redevient aussi inutile qu’une télécommande sans pile. La course à la fabrication d’une multitude de mini centrales atomiques est aussi cruciale pour les acteurs de l’IA, que l’évolution des algorithmes vers un modèle ultime. Tant que l’homme aura des choses à apprendre aux algorithmes, il restera le maître, le référent, l’ordonnateur. On aura toujours besoin de paysans, de pêcheurs, d’éleveurs, d’artisans, de commerçants, de sportifs, d’enseignants, d’artistes, d’intellectuels, de créatifs, de chercheurs et j’oublie de nombreuses professions irremplaçables, et qui consomment peu d’énergie, elles…
Le thème de discussion que je vous propose à la place :
Va-t-on tous mourir d’une explosion nucléaire avant de voir Chat GPT 25 ? L’IA VA TUER LA PUB, LE CINEMA LA PHOTO, LA CRÉATION…
On nous promet que l’IA va tuer tous les métiers de la création au sens large. Ah, la création, vaste sujet ! Étant donné que chacun a sa propre définition de la créativité. De façon générale, on s’accorde à dire que la pub est dans une période beaucoup moins créative qu’il y a 20 ans, ainsi que le cinéma et la télé, concurrencés par les séries et les influenceurs (moins que plus créatifs… On est d’accord !). Et on assiste aux mêmes débats que j’ai déjà connus avec l’arrivée de chaque technologie, (avant et après la révolution digitale en pub, avant et après la révolution Pixar, dans le cinéma, avant et après la révolution de la résolution dans les jeux vidéo, avant et après l’arrivée des synthés en musique, etc.) en gros, c’est plus comme avant, avant on faisait comme ça, etc.
Je tiens juste à rappeler que c’est le cerveau humain qui est créatif et non l’outil quel qu’il soit. Et que ce sont ceux qui achètent ou jugent la création qui sont conservateurs et censeurs. Alors oui, on pourra rendre l’IA créative ou non, par son emploi, comme un crayon ou un pinceau. Ça restera une question de talent et de volonté d’en acheter, de la créativité. Ce que de trop nombreuses personnes appellent une « prise de risque », celle de ne pas faire comme tout le monde.
Le thème de discussion que je vous propose à la place :
Plutôt que de rabâcher sur la énième mort de la création, débattons plutôt de la multiplication de ceux qui veulent tuer la créativité, quelle que soit sa forme. Ça sera plus drôle et on pourra se fâcher avec plus de monde. Prenons par exemple comme thème :
Généralisation de la décision qui ne satisfait personne, mal du siècle ? L’IA VA ÉCRIRE À MA PLACE, PLUS BESOIN D’APPRENDRE À ÉCRIRE
Problème de cette posture : celui qui ne sait pas écrire ne pourra pas écrire de prompt pour que l’IA écrive pour lui. On va me rétorquer que la voix et donc les commandes par voie vocale vont se développer. C’est vrai, mais encore faut-il avoir un minimum de vocabulaire pour que l’IA arrive à vos fins, c’est-à-dire à traduire votre pensée. Je suis certain, qu’au contraire, que c’est par la culture que l’on dominera la puissance de l’intelligence non humaine.
Je pense même que celui qui aura une pensée globale virtuelle élaborée, celle des mathématiciens, des théologiens, des joueurs d’échecs et des profs de philo sera le dominant du prochain cycle du marché du travail. Si j’ai bien compris, l’une des pistes d’évolution des algorithmes, que cherche à développer Yann LeCun, c’est de faire comprendre à l’IA une vision physique globale de ce qu’elle doit apprendre et retenir, c’est à dire non pas une lettre, un mot, une image, mais une globalité interconnectée de tous ces éléments, comme les humains, en somme. Comprendre le monde, c’est le dominer. Ça a toujours été vrai et ça le restera.
Le thème de discussion que je vous propose à la place :
Prof de philo, la profession bientôt plus recherchée et rémunératrice que banquier d’affaires ? Le prof porterait toujours le même vieux pull, mais son pull serait en cachemire. L’IA EST PLUS INTELLIGENTE QUE L’HOMME
Les ingénieurs et chercheurs cumulent le savoir potentiel de l’IA et le comparent à un seul cerveau humain ! Il y a une petite tromperie non ? Cumulons le potentiel de 8 milliards de cerveaux pour le comparer au potentiel d’un seul LLM pour que le combat devienne équitable. On nous dit que le potentiel de l’IA est sans limite, mais c’est oublier que celui du cerveau peut l’être aussi. Il suffit de continuer à le nourrir, à le développer, à l’utiliser dans toutes ses capacités, comme un muscle que l’on voudrait développer toute sa vie.
Le thème de discussion que je vous propose à la place :
À quoi sert de créer le plus gros cerveau virtuel mondial pour des humains abrutis ? Si l’homme est si bête qu’on le dit, il utilisera l’IA pour inventer de nouvelles histoires belges, et non pour atteindre le bonheur universel. DEMAIN, ON AURA TOUS DES ROBOTS À LA MAISON
À mettre dans le même sac que demain on ira tous faire notre shopping sur Mars. Je l’ai déjà écrit dans une autre tribune pour LHC, mais si on investit des centaines de milliards de dollars a pour but de créer un robot qui va casser des œufs à notre place et sortir la poubelle, devenir obèse avec un QI de 5 deviendra la norme mondiale. Tout ça pour vendre un abonnement plus élevé que celui de notre portable !
On nous prédit soit l’achat d’un robot domestique, forcément réservé aux plus aisés, comme toutes les innovations technologiques, (il faut beaucoup, beaucoup de consommateurs avant de produire en masse et faire baisser les coûts de production) soit des forfaits mensuels de location de robots domestiques. En réalité, l’armée utilise déjà des robots sur le terrain et de l’IA pour la cyberdéfense. La police Chinoise teste déjà des robots comme suppléants des policiers dans la rue. Pour assurer la